Bon, quand j'aurai coulé mon cours d'Astrophysique, je n'aurai pas à chercher pourquoi. Je n'arrive tout simplement pas à étudier! Je n'ai AUCUNE motivation pour ce cours. J'ai perdu mon temps toute la fin de semaine en lisant mes notes en diagonale. Émilie avait raison: ce cours est TELLEMENT plate. Beûrk. J'ai assez hâte à demain après-midi, quand astro ne sera plus qu'un mauvais souvenir. SVP, ne me parlez plus jamais du théorème virial, des supernovae, de la masse de Chandrasekhar et de la luminosité d'Eddington, j'en ai plein mon casque.
~Marc
(a la tête dans les étoiles alors qu'il voudrait plutôt l'avoir dans le sol)
12/10/2006
12/07/2006
12/06/2006
The plot thickens!
J'ai repris goût à mettre mon histoire en ligne. J'imagine que ça paraît puisque j'ai mis 3 chapitres en ligne en quelques jours seulement. J'espère que vous continuez d'apprécier. Ça fait étrange de relire cette histoire. Ça faisait une éternité que je l'avais lue et... je l'avoue, j'en avais oublié plusieurs bouts!
Je me souviens que j'étais bien fier de moi quand j'écrivais ces chapitres. J'aimais bien le petit suspense que je créais à la fin de chaque chapitre. Le changement inattendu de perspective (de Caroline à Mélissa) me plaisait beaucoup également.
Mais est-ce que le suspense fonctionne vraiment? Vous doutez-vous de ce qui va se passer à la fin? Avez-vous des idées?
Bref. Il ne reste plus que 4 chapitres et une épilogue à poster. Je viens de les relire en diagonale. Décidément, je me demande comment j'ai fait pour écrire ça. Je ne crois pas que je serais capable de répéter cet exploit.
Je me souviens que j'étais bien fier de moi quand j'écrivais ces chapitres. J'aimais bien le petit suspense que je créais à la fin de chaque chapitre. Le changement inattendu de perspective (de Caroline à Mélissa) me plaisait beaucoup également.
Mais est-ce que le suspense fonctionne vraiment? Vous doutez-vous de ce qui va se passer à la fin? Avez-vous des idées?
Bref. Il ne reste plus que 4 chapitres et une épilogue à poster. Je viens de les relire en diagonale. Décidément, je me demande comment j'ai fait pour écrire ça. Je ne crois pas que je serais capable de répéter cet exploit.
Stigmates: chapitre 9
– Caroline! Attends-moi, voyons!
Caroline hésita. Elle avait feint un malaise toute la journée afin de se tenir à l’écart de ses amies. Elle ne possédait pas la force de les affronter après les événements de vendredi soir. De plus, elle se rendait compte qu’elle dépendait de plus en plus de ses amies. Elle devait à tout prix y remédier. Elle s’était trop rapprochée de Mélissa, Nadine et Maria. Rien de bon ne pouvait résulter de ceci. Comme elle le savait trop bien, elle n’avait pas sa place parmi les gens normaux. Ainsi, elle essayait de les éviter. Toutefois, elle ne pourrait s’en éloigner encore longtemps. Puisqu’elle ne voyait pas d’alternative, elle se retourna et patienta le temps que Mélissa l’ait rejointe avant de se remettre en route.
Mélissa, trimbalant son sac à dos sur son épaule droite, lui sourit. Elle passa une main dans son épaisse chevelure châtaigne.
– Écoute, je veux te parler un peu. Tu nous as évitées toute la fin de semaine ainsi que toute la journée à l’école. Là, tu ne m’échapperas pas!
Caroline tenta de sourire, mais le résultat s’apparentait plus à une grimace qu’à toute autre chose.
– D’accord, mais je ne prends pas l’autobus ce soir. Je dois aller au centre d’achat.
– Ça fait mon affaire, répondit Mélissa. Je dois y rejoindre Éric à cinq heures. On doit acheter un cadeau d’anniversaire de mariage à nos parents.
Les deux camarades se mirent en route vers le centre commercial. Elles marchèrent longuement en silence. Leur longue chevelure dansait dans le vent frais d’automne qui faisait tourbillonner les feuilles multicolores. Dans le ciel, on entendait les a-honk graves et hink aigus d’un vol de bernaches qui entreprenaient leur migration vers le sud.
– Y a-t-il plus belle saison que l’automne?
– Oui, répliqua tout simplement Caroline, affichant, malgré elle une esquisse d’un sourire.
Mélissa laissa entendre un rire mélodieux.
– Bon, je vois que tu vas déjà mieux, ma chère Caro.
Caroline ne pouvait nier ce fait. Encore une fois, elle fut étonnée de l’effet que Mélissa pouvait produire sur elle. Puis, elle repensa à vendredi soir. L’amertume s’empara d’elle de nouveau.
– Mélissa, je… je suis tellement désolée pour ce qui s’est passé vendredi soir, commença lentement Caroline. Je ne voulais pas vous humilier devant le gars. Pardonnez-moi…
Caroline baissa les yeux lorsqu’elle prononça ces paroles. Ainsi, elle était inconsciente du regard de Mélissa qui tentait de la déchiffrer. Caroline interpréta le silence de son amie comme un reproche.
– Tu sais, je comprends si vous ne voulez plus vous tenir avec moi, continua-t-elle, embarrassée et troublée. Je voulais seulement vous faire savoir que j’étais désolée…
Caroline jeta un coup d’œil furtif à sa camarade. Mélissa fronçait les sourcils. Une vague de culpabilité et de haine envers elle-même menacèrent d’emporter Caroline.
– Attends un peu, Caro, entama Mélissa d’une voix dure. Tu veux qu’on te pardonne pour ce que tu as fait? Premièrement, veux-tu bien me dire qu’est-ce que tu as fait?
– Tu le sais très bien… Je vous ai humiliées, Maria, Nadine et toi, au Tribe lorsque le gars m’a invitée à danser et que j’ai… j’ai capoté.
– Tu ne nous as jamais fait honte, Caroline! Tu es notre amie et on t’aime comme tu es. T’as le droit de refuser une danse à un inconnu. Comme tu as le droit de ne pas te sentir à l’aise avec les garçons. Même si Nadine et Maria parlent souvent de gars et tout et tout, ça ne te force pas non plus à vouloir un petit copain… Regarde-moi, je ne suis pas très à l’aise avec les gars non plus… même si je les taquine assez souvent… Ce n’est qu’un masque.
– Mais… J’ai gâché votre soirée… Vous n’auriez pas dû m’inviter.
Mélissa s’arrêta, planta ses poings sur ses hanches et regarda fermement Caroline.
– Caro, t’es notre amie et on te voulait avec nous. Tu ne peux rien y changer. Et puis, après tout, ce n’est qu’à cause d’un petit accident qui n’était aucunement de ta faute que nous avons dû revenir.
– D’accord… T’as raison… Pardonne-moi pour ce que j’ai dit…
Le visage de Mélissa s’attendrit et elle sourit affectueusement à son amie.
– Tu n’as pas besoin de demander pardon. Tout d’abord, tu n’as rien fait de mauvais. Ensuite, des amis, ça pardonne inconditionnellement.
Mélissa pinça la joue de son amie.
– Allez, dit-elle avec entrain, tu n’as rien à te reprocher.
C’est ce que tu crois? pensa Caroline. Tu ne dis cela que pour me faire plaisir… Je sais que tout est de ma faute… Tout l’a toujours été…
Les deux adolescentes se remirent en route pour le centre d’achat. Mélissa essayait de changer les idées de Caroline qui, elle-même, tentait de cacher sa mélancolie à son amie.
Mélissa avait dit que ce n’était qu’à cause d’un malencontreux accident qu’elles avaient quitté la discothèque. Elle ne se serait jamais douté que c’était Caroline elle-même qui s’était infligée volontairement cette blessure. Donc, c’était vraiment Caroline qui avait gâché leur soirée. L’adolescente se lança silencieusement un chapelet d’injures à la tête.
Une fois au centre commercial, les deux amies se promenèrent de magasin en magasin, discutant de ce qu’elles y trouvaient. Caroline tenait toutefois Mélissa à l’écart des magasins de vêtements. C’était trop dangereux pour y entrer. Mélissa aurait pu lui demander gentiment et poliment d’essayer une de ces petites chemises révélatrices à manches courtes. À cette demande, Caroline n’aurait pu trouver d’excuse valable et aurait été forcée de dévoiler ses nombreuses cicatrices. D’accord, ça ne se serait jamais produit de cette façon, mais quelque scénario équivalent se serait certainement déroulé. Caroline ne pouvait supporter ces pensées. Ses cicatrices menaient directement à son secret. Toutes ces entailles et coupures, elles conduiraient quiconque en apprenait l’existence à la conclusion que Caroline en avait elle-même tirée : elle était terriblement folle.
Les deux adolescentes observaient de petits chatons s’amuser ensemble au travers de la vitrine d’une animalerie quand un garçon se glissa à leurs côtés.
– Mignons, n’est-ce pas?
Mélissa et Caroline sursautèrent au son de la voix. Puis, Mélissa éclata de rire.
– Salut, frérot! Je suis désolée, est-il déjà cinq heures? Je n’ai pas vu le temps filer.
– C’est correct. Je suis en avance.
Caroline salua Éric en souriant timidement. Il ne lui rendit qu’une mince ébauche d’un sourire.
Frère et sœur se mirent à discuter ensemble et Caroline les écouta distraitement. La jeune fille étudiait Éric. Étrangement, il la mettait moins mal à l’aise qu’à l’habitude. Peut-être était-ce dû à sa personnalité si différente lorsqu’il était en présence de sa sœur? Il semblait relativement agréable lorsqu’il bavardait ainsi avec sa sœur. Toutefois, avec les autres étudiants, Éric était sombre et sérieux. Il ne possédait qu’un très petit cercle d’amis intimes. En dehors de ces derniers, il n’adressait la parole qu’à peu d’autres personnes de l’école. Un jour, Caroline se disait, elle devrait questionner Mélissa à propos de son drôle de frère.
Les trois amis visitèrent encore quelques boutiques avant de se séparer.
Par la suite, Caroline se trouva seule de nouveau. Elle acheta ce qu’elle était venue chercher, mais avant peu, la solitude pesa trop fortement sur elle et la jeune fille en transe se retira aux toilettes publiques, tout en farfouillant dans sa petite bourse à la recherche de ses petits ciseaux.
– Tu crois qu’ils vont apprécier? demandait Éric à sa sœur.
– Bien sûr! C’est tellement beau! Et puis –
Mélissa oublia ce qu’elle allait dire. Assise avec son frère à une table de la foire alimentaire du centre commercial, elle venait d’apercevoir Caroline se diriger vers les salles de toilettes. En soi, ce geste n’était nullement étrange. Ce qui intriguait la jeune fille, c’était ce regard vide qu’elle avait remarqué chez son amie. Caroline avait affiché un visage complètement dépouillé de toute émotion. Mélissa avait la curieuse impression d’avoir aperçu une marionnette vivante.
– Qu’est-ce qu’il y a, Mél?
Mélissa secoua la tête.
– Rien… Ça va.
Elle continuait la discussion avec son frère lorsqu’elle aperçut Caroline sortir de la salle des toilettes. Cette fois, son amie semblait calme, sereine. Cependant, il y avait quelque chose d’étrange dans tout cela. C’était un élément insaisissable sur lequel Mélissa n’arrivait pas à mettre le doigt. Tout ceci ne faisait que renforcer le sentiment que son amie nécessitait une aide immédiate.
Mélissa se mordit les lèvres. Éric la regardait patiemment, attendant qu’elle prononce les premiers mots.
– Vois-tu, commença-t-elle après un long moment de réflexion, je m’inquiète sérieusement pour Caroline. Quelque chose ne va pas chez elle. Je n’ai aucune idée de ce que cela peut être… Je n’ai qu’une curieuse impression qu’elle nous cache quelque chose d’important. Elle garde un secret. Tu sais, elle n’est pas du genre à sortir et elle est très discrète… trop discrète, même.
– Tu crois qu’elle a des problèmes familiaux?
– Je n'en sais rien… J’espère de tout mon cœur que ce n’est pas le cas, mais tu t’y connais mieux que moi là dedans.
– Je ne peux rien affirmer pour le moment. Je ne la connais pas du tout, Caroline. Cependant, t’as piqué ma curiosité. Peut-être qu’à deux, on a une meilleure chance de percer son secret? Toutefois, tu me connais…
– Ouais, je sais… Et si Caroline ne m’a rien dévoilé, elle ne te dévoilera jamais quoi que ce soit. En plus, t’es un gars et je sais qu’ils la rendent mal à l’aise. Mais j’apprécie ton aide.
– Je vais faire ce que je fais le mieux : observer et analyser.
– Merci.
Mélissa serra la main de son frère. Bien sûr, la jeune fille avait longuement discuté de ces choses avec Nadine et Maria, mais elles n’avaient pu tirer aucune conclusion des comportements de Caroline. Elles se préoccupaient du sort de leur amie et c’est ainsi que Mélissa avait pensé à son frère. Les nombreuses lectures de ce dernier l’aideraient sûrement à découvrir quelque chose. Puis, il avait un talent exceptionnel d’observation et d’analyse, comme il l’avait dit.
L’adolescente regarda son frère en silence. Pourrait-il l’aider à percer le mystère de Caroline Lapoine?
Caroline hésita. Elle avait feint un malaise toute la journée afin de se tenir à l’écart de ses amies. Elle ne possédait pas la force de les affronter après les événements de vendredi soir. De plus, elle se rendait compte qu’elle dépendait de plus en plus de ses amies. Elle devait à tout prix y remédier. Elle s’était trop rapprochée de Mélissa, Nadine et Maria. Rien de bon ne pouvait résulter de ceci. Comme elle le savait trop bien, elle n’avait pas sa place parmi les gens normaux. Ainsi, elle essayait de les éviter. Toutefois, elle ne pourrait s’en éloigner encore longtemps. Puisqu’elle ne voyait pas d’alternative, elle se retourna et patienta le temps que Mélissa l’ait rejointe avant de se remettre en route.
Mélissa, trimbalant son sac à dos sur son épaule droite, lui sourit. Elle passa une main dans son épaisse chevelure châtaigne.
– Écoute, je veux te parler un peu. Tu nous as évitées toute la fin de semaine ainsi que toute la journée à l’école. Là, tu ne m’échapperas pas!
Caroline tenta de sourire, mais le résultat s’apparentait plus à une grimace qu’à toute autre chose.
– D’accord, mais je ne prends pas l’autobus ce soir. Je dois aller au centre d’achat.
– Ça fait mon affaire, répondit Mélissa. Je dois y rejoindre Éric à cinq heures. On doit acheter un cadeau d’anniversaire de mariage à nos parents.
Les deux camarades se mirent en route vers le centre commercial. Elles marchèrent longuement en silence. Leur longue chevelure dansait dans le vent frais d’automne qui faisait tourbillonner les feuilles multicolores. Dans le ciel, on entendait les a-honk graves et hink aigus d’un vol de bernaches qui entreprenaient leur migration vers le sud.
– Y a-t-il plus belle saison que l’automne?
– Oui, répliqua tout simplement Caroline, affichant, malgré elle une esquisse d’un sourire.
Mélissa laissa entendre un rire mélodieux.
– Bon, je vois que tu vas déjà mieux, ma chère Caro.
Caroline ne pouvait nier ce fait. Encore une fois, elle fut étonnée de l’effet que Mélissa pouvait produire sur elle. Puis, elle repensa à vendredi soir. L’amertume s’empara d’elle de nouveau.
– Mélissa, je… je suis tellement désolée pour ce qui s’est passé vendredi soir, commença lentement Caroline. Je ne voulais pas vous humilier devant le gars. Pardonnez-moi…
Caroline baissa les yeux lorsqu’elle prononça ces paroles. Ainsi, elle était inconsciente du regard de Mélissa qui tentait de la déchiffrer. Caroline interpréta le silence de son amie comme un reproche.
– Tu sais, je comprends si vous ne voulez plus vous tenir avec moi, continua-t-elle, embarrassée et troublée. Je voulais seulement vous faire savoir que j’étais désolée…
Caroline jeta un coup d’œil furtif à sa camarade. Mélissa fronçait les sourcils. Une vague de culpabilité et de haine envers elle-même menacèrent d’emporter Caroline.
– Attends un peu, Caro, entama Mélissa d’une voix dure. Tu veux qu’on te pardonne pour ce que tu as fait? Premièrement, veux-tu bien me dire qu’est-ce que tu as fait?
– Tu le sais très bien… Je vous ai humiliées, Maria, Nadine et toi, au Tribe lorsque le gars m’a invitée à danser et que j’ai… j’ai capoté.
– Tu ne nous as jamais fait honte, Caroline! Tu es notre amie et on t’aime comme tu es. T’as le droit de refuser une danse à un inconnu. Comme tu as le droit de ne pas te sentir à l’aise avec les garçons. Même si Nadine et Maria parlent souvent de gars et tout et tout, ça ne te force pas non plus à vouloir un petit copain… Regarde-moi, je ne suis pas très à l’aise avec les gars non plus… même si je les taquine assez souvent… Ce n’est qu’un masque.
– Mais… J’ai gâché votre soirée… Vous n’auriez pas dû m’inviter.
Mélissa s’arrêta, planta ses poings sur ses hanches et regarda fermement Caroline.
– Caro, t’es notre amie et on te voulait avec nous. Tu ne peux rien y changer. Et puis, après tout, ce n’est qu’à cause d’un petit accident qui n’était aucunement de ta faute que nous avons dû revenir.
– D’accord… T’as raison… Pardonne-moi pour ce que j’ai dit…
Le visage de Mélissa s’attendrit et elle sourit affectueusement à son amie.
– Tu n’as pas besoin de demander pardon. Tout d’abord, tu n’as rien fait de mauvais. Ensuite, des amis, ça pardonne inconditionnellement.
Mélissa pinça la joue de son amie.
– Allez, dit-elle avec entrain, tu n’as rien à te reprocher.
C’est ce que tu crois? pensa Caroline. Tu ne dis cela que pour me faire plaisir… Je sais que tout est de ma faute… Tout l’a toujours été…
Les deux adolescentes se remirent en route pour le centre d’achat. Mélissa essayait de changer les idées de Caroline qui, elle-même, tentait de cacher sa mélancolie à son amie.
Mélissa avait dit que ce n’était qu’à cause d’un malencontreux accident qu’elles avaient quitté la discothèque. Elle ne se serait jamais douté que c’était Caroline elle-même qui s’était infligée volontairement cette blessure. Donc, c’était vraiment Caroline qui avait gâché leur soirée. L’adolescente se lança silencieusement un chapelet d’injures à la tête.
Une fois au centre commercial, les deux amies se promenèrent de magasin en magasin, discutant de ce qu’elles y trouvaient. Caroline tenait toutefois Mélissa à l’écart des magasins de vêtements. C’était trop dangereux pour y entrer. Mélissa aurait pu lui demander gentiment et poliment d’essayer une de ces petites chemises révélatrices à manches courtes. À cette demande, Caroline n’aurait pu trouver d’excuse valable et aurait été forcée de dévoiler ses nombreuses cicatrices. D’accord, ça ne se serait jamais produit de cette façon, mais quelque scénario équivalent se serait certainement déroulé. Caroline ne pouvait supporter ces pensées. Ses cicatrices menaient directement à son secret. Toutes ces entailles et coupures, elles conduiraient quiconque en apprenait l’existence à la conclusion que Caroline en avait elle-même tirée : elle était terriblement folle.
Les deux adolescentes observaient de petits chatons s’amuser ensemble au travers de la vitrine d’une animalerie quand un garçon se glissa à leurs côtés.
– Mignons, n’est-ce pas?
Mélissa et Caroline sursautèrent au son de la voix. Puis, Mélissa éclata de rire.
– Salut, frérot! Je suis désolée, est-il déjà cinq heures? Je n’ai pas vu le temps filer.
– C’est correct. Je suis en avance.
Caroline salua Éric en souriant timidement. Il ne lui rendit qu’une mince ébauche d’un sourire.
Frère et sœur se mirent à discuter ensemble et Caroline les écouta distraitement. La jeune fille étudiait Éric. Étrangement, il la mettait moins mal à l’aise qu’à l’habitude. Peut-être était-ce dû à sa personnalité si différente lorsqu’il était en présence de sa sœur? Il semblait relativement agréable lorsqu’il bavardait ainsi avec sa sœur. Toutefois, avec les autres étudiants, Éric était sombre et sérieux. Il ne possédait qu’un très petit cercle d’amis intimes. En dehors de ces derniers, il n’adressait la parole qu’à peu d’autres personnes de l’école. Un jour, Caroline se disait, elle devrait questionner Mélissa à propos de son drôle de frère.
Les trois amis visitèrent encore quelques boutiques avant de se séparer.
Par la suite, Caroline se trouva seule de nouveau. Elle acheta ce qu’elle était venue chercher, mais avant peu, la solitude pesa trop fortement sur elle et la jeune fille en transe se retira aux toilettes publiques, tout en farfouillant dans sa petite bourse à la recherche de ses petits ciseaux.
– Tu crois qu’ils vont apprécier? demandait Éric à sa sœur.
– Bien sûr! C’est tellement beau! Et puis –
Mélissa oublia ce qu’elle allait dire. Assise avec son frère à une table de la foire alimentaire du centre commercial, elle venait d’apercevoir Caroline se diriger vers les salles de toilettes. En soi, ce geste n’était nullement étrange. Ce qui intriguait la jeune fille, c’était ce regard vide qu’elle avait remarqué chez son amie. Caroline avait affiché un visage complètement dépouillé de toute émotion. Mélissa avait la curieuse impression d’avoir aperçu une marionnette vivante.
– Qu’est-ce qu’il y a, Mél?
Mélissa secoua la tête.
– Rien… Ça va.
Elle continuait la discussion avec son frère lorsqu’elle aperçut Caroline sortir de la salle des toilettes. Cette fois, son amie semblait calme, sereine. Cependant, il y avait quelque chose d’étrange dans tout cela. C’était un élément insaisissable sur lequel Mélissa n’arrivait pas à mettre le doigt. Tout ceci ne faisait que renforcer le sentiment que son amie nécessitait une aide immédiate.
Mélissa se mordit les lèvres. Éric la regardait patiemment, attendant qu’elle prononce les premiers mots.
– Vois-tu, commença-t-elle après un long moment de réflexion, je m’inquiète sérieusement pour Caroline. Quelque chose ne va pas chez elle. Je n’ai aucune idée de ce que cela peut être… Je n’ai qu’une curieuse impression qu’elle nous cache quelque chose d’important. Elle garde un secret. Tu sais, elle n’est pas du genre à sortir et elle est très discrète… trop discrète, même.
– Tu crois qu’elle a des problèmes familiaux?
– Je n'en sais rien… J’espère de tout mon cœur que ce n’est pas le cas, mais tu t’y connais mieux que moi là dedans.
– Je ne peux rien affirmer pour le moment. Je ne la connais pas du tout, Caroline. Cependant, t’as piqué ma curiosité. Peut-être qu’à deux, on a une meilleure chance de percer son secret? Toutefois, tu me connais…
– Ouais, je sais… Et si Caroline ne m’a rien dévoilé, elle ne te dévoilera jamais quoi que ce soit. En plus, t’es un gars et je sais qu’ils la rendent mal à l’aise. Mais j’apprécie ton aide.
– Je vais faire ce que je fais le mieux : observer et analyser.
– Merci.
Mélissa serra la main de son frère. Bien sûr, la jeune fille avait longuement discuté de ces choses avec Nadine et Maria, mais elles n’avaient pu tirer aucune conclusion des comportements de Caroline. Elles se préoccupaient du sort de leur amie et c’est ainsi que Mélissa avait pensé à son frère. Les nombreuses lectures de ce dernier l’aideraient sûrement à découvrir quelque chose. Puis, il avait un talent exceptionnel d’observation et d’analyse, comme il l’avait dit.
L’adolescente regarda son frère en silence. Pourrait-il l’aider à percer le mystère de Caroline Lapoine?
Lu dans les toilettes
Dans les toilettes des hommes à Carleton, il y a un petit papier collé à l'intérieur de la porte des cabines. On y voit un dessin d'un crayon aux côtés du dessin d'une femme. Sous ces deux images, on peut lire le message suivant:
Très bien dit.
~Marc
Guys, we fuckin' need to remember the difference between the two.
There is no excuse for sexual assault or any other forms of sexism.
Très bien dit.
~Marc
12/03/2006
Stigmates: chapitre 8
Ce fut à la lumière de doux rayons de soleil que Caroline se réveilla le lendemain matin. La jeune fille paressa pendant de longues minutes. Son lit douillet la retenait et elle n’avait aucunement l’intention d’échapper à la chaude étreinte de ce dernier. Au rez-de-chaussée, elle discernait des fragments de conversation de ses parents qui, à en juger par le bruit des ustensiles contre les casseroles et assiettes, déjeunaient. Malgré les complaintes constantes de son estomac, l’idée de quelques heures de plus de sommeil était trop alléchante pour la refuser.
La jeune fille tira les couvertures jusqu’à son menton. Subitement, elle ouvrit grand les yeux et s’assit dans son lit. Il y avait un pansement à l’intérieur de sa main gauche. Elle le regardait en fronçant les sourcils quand elle se rappela les événements de la veille.
– Ce n’était donc pas un cauchemar, murmura-t-elle.
Elle se laissa tomber à la renverse. Ses yeux fixaient le plafond, mais elle ne voyait rien. Quelle soirée avait-ce été! En revoyant le garçon de l’agora, une crise s’était déclenchée. Qu’est-ce que ses amies penseraient d’elle? Qu’elle était folle, à coup sûr. Et probablement aussi qu’elle était une fille stupide qui a peur de danser avec un joli garçon. Ses amies lui en voudraient de les avoir humiliées ainsi devant le gars de l’agora. Comment pourrait-elle les regarder à nouveau dans les yeux devant les réprimandes muettes qu’elles exprimeraient dans leur regard? L’adolescente fut prise d’une soudaine envie de téléphoner à ses camarades, de leur demander pardon pour l’idiote qu’elle avait été la veille, mais elle était terrifiée de leur réaction. À quoi bon? pensa-t-elle. Elles ne m’inviteront tout simplement pas à sortir de nouveau avec elles.
Caroline ferma les yeux. Elle se détestait. Tout ce qu’elle entreprenait se soldait par un échec, sinon au sens propre du terme, du moins à ses yeux : ses relations interpersonnelles, ses travaux scolaires, ses projets. Quelques fois, Caroline songeait au suicide. Elle caressait l’idée pendant quelques minutes, examinant ses poignets, se disant qu’il ne suffirait que de faire deux entailles à ces endroits et tout serait terminé rapidement. Cependant, la peur la gagnait à ces seules pensées et elle avait vite fait de les chasser de son esprit.
Quand elle ne put plus supporter ces sinistres idées, elle bondit hors de son lit. Elle s’habilla en vitesse et rejoignit ses parents à la salle à manger. L’adolescente était prête à tout pour se changer les idées.
Rock était absorbé dans la lecture de son journal et ne se dérangea point lorsque sa fille s’assit en face de lui.
– Salut, papa. Salut, maman.
Son père lui lança une salutation matinale de l’autre côté de son journal et continua paisiblement sa lecture. Jessica, pour sa part, prit un plus grand intérêt pour sa fille.
– Alors, as-tu passé une belle soirée au cinéma? demanda sa mère.
– Oui, c’était très agréable, mentit-elle.
Jessica déposa une assiette comportant deux généreuses crêpes arrosées de succulent sirop d’érable. Les gargouillis de son estomac vide transformèrent ce déjeuner banal en un véritable festin de roi. Ses papilles gustatives jubilèrent d’anticipation. La petite créature qu’était Caroline se métamorphosa en ogre le temps de son déjeuner, fourrant d’énormes bouchées de son repas dans son petit orifice buccal. Elle avait dépensé beaucoup d’énergie la veille et son corps réclamait son dû.
– Tiens, qu’est-ce que c’est que cela? demanda soudainement Jessica à sa fille.
Jessica pointait le pansement dans la main gauche de Caroline. Caroline ne broncha point. Elle avait déjà préparé sa réponse.
– Oh! Ce n’est rien. Mes amies et moi avions décidé de faire une petite course. J’ai trébuché et me suis coupé la main sur un morceau de verre. Ne t’inquiète pas, j’ai désinfecté la plaie.
– Folies de jeunesse! Tu ne devrais pas t’exciter comme ça, lui réprimanda sa mère.
– Je suis désolée, maman…
La mine de Jessica s’assombrit. Elle se tut et se retira au salon.
Bravo! Tu as encore gaffé! Comment te sens-tu maintenant? Misérable, voilà comment elle se sentait. Caroline ne saisissait pas ce qui avait bien pu faire réagir sa mère comme elle l’avait fait, mais elle savait que c’était de sa faute. Caroline soupira et tenta de converser avec son père.
– Alors, tout va bien au travail?
Tout de suite, elle regretta d’avoir adressé la parole à son père.
– Oui, mais je suis un peu déçu du milieu, dit-il, toujours caché derrière son journal. On ne reconnaît pas mes compétences à leur juste valeur. Je me sens délaissé…
Pour des raisons qu’elle ne put discerner que beaucoup plus tard, ces mots déclenchèrent une crise chez elle. Rock se plaignait inlassablement de sa situation professionnelle, mais sa voix était réduite à un sourd bourdonnement dans la tête à Caroline.
– Je dois aller faire mes devoirs, interrompit Caroline.
Son père abaissa son journal et regarda sa fille en levant un sourcil.
– Ça va?
– Oui.
Il plissa les yeux et l’observa s’éloigner.
Les ados, pensa-t-il.
Puis, il replongea dans sa lecture.
Caroline se rendit à sa chambre, ferma la porte derrière elle et sortit son canif de sa cachette. Elle s’apprêtait à relever sa manche et à se soulager de ce qu’elle vivait lorsqu’elle entendit sa mère lui demander de prendre le téléphone. La partie consciente de Caroline s’observa décrocher le combiné.
– Oui?
Sa voix sonnait creuse, vide. Elle était dépourvue de toute trace d’émotion quelconque.
– Caroline?
C’était Mélissa. Elle semblait inquiète.
– Ça va, Caroline? Tu me sembles… bizarre.
– Non, ça va. Tout va bien. Mais je ne peux pas te parler tout de suite. Je te rappelle plus tard.
– Non, attends! Ça ne va pas du tout, hein? Qu’est-ce que t’as? Est-ce que tu es là?
– Je vais te rappeler.
Et sur ce, Caroline raccrocha. Elle n’en pouvait plus d’attendre. Elle reprit son canif et
s’administra sa médecine. Comme à l’habitude, le calme s’installa. Par la suite, elle pratiqua son petit rituel habituel : nettoyage de la plaie et du canif, bandage de la plaie si besoin est, etc.
Lorsqu’elle eut terminé, son esprit était trop engourdi pour rappeler Mélissa. Aussi, elle se coucha sur son lit et s’assoupit immédiatement.
Sourcils froncés, Mélissa Lacroix regardait le combiné du téléphone qu’elle tenait dans sa main gauche. Elle le déposa et s’assit lentement dans le grand fauteuil du salon tout en laissant s’échapper un long soupir. Elle était très préoccupée. Les événements de la veille la troublaient. Comment pouvait-elle chasser de sa tête la vision de la main ensanglantée de son amie? Bien sûr, tout cela n’avait été qu’un méprisable accident, comme leur avait expliqué Caroline, mais l’image subsistait dans l’esprit de Mélissa. Caroline, par nature, était timide et peu bavarde. Mélissa respectait ce côté de Caroline et c’est ainsi qu’elle n’en savait que très peu sur son amie. Cette dernière ne parlait pratiquement jamais de ses parents, de son ancienne vie ou d’elle-même. Toutefois, elle était toujours très enjouée d’entendre les histoires que ses amies avaient à raconter. Mélissa connaissait ce genre de personnes. Caroline cachait quelque chose. Un secret. Mais lequel? L’adolescente se triturait les méninges. Qu’était-ce? Et qu’est-ce qui la motivait à garder cette chose secrète? Bien sûr, cela ne faisait que quelques semaines que Caroline et elle se connaissaient, et il était tout à fait compréhensible que Caroline ne souhaite pas se confier tout de suite à Mélissa. Cependant, tout cela avait piqué la curiosité de Mélissa et elle devait maintenant aller au bout des choses.
Elle poussa un autre soupir. Elle devait être prudente. Elle voyait bien qu’on ne devait pas trop pousser Caroline Lapointe. De plus, la curiosité n’avait-elle pas tué le chat? Donc, elle attendrait que le moment soit juste. Elle patienterait jusqu’à ce que Caroline soit suffisamment à l’aise pour lui livrer ses secrets. Enfin, elle pourrait aider son amie. C’était tout ce qu’elle désirait vraiment : aider cette pauvre âme qu’elle savait en détresse.
La jeune fille tira les couvertures jusqu’à son menton. Subitement, elle ouvrit grand les yeux et s’assit dans son lit. Il y avait un pansement à l’intérieur de sa main gauche. Elle le regardait en fronçant les sourcils quand elle se rappela les événements de la veille.
– Ce n’était donc pas un cauchemar, murmura-t-elle.
Elle se laissa tomber à la renverse. Ses yeux fixaient le plafond, mais elle ne voyait rien. Quelle soirée avait-ce été! En revoyant le garçon de l’agora, une crise s’était déclenchée. Qu’est-ce que ses amies penseraient d’elle? Qu’elle était folle, à coup sûr. Et probablement aussi qu’elle était une fille stupide qui a peur de danser avec un joli garçon. Ses amies lui en voudraient de les avoir humiliées ainsi devant le gars de l’agora. Comment pourrait-elle les regarder à nouveau dans les yeux devant les réprimandes muettes qu’elles exprimeraient dans leur regard? L’adolescente fut prise d’une soudaine envie de téléphoner à ses camarades, de leur demander pardon pour l’idiote qu’elle avait été la veille, mais elle était terrifiée de leur réaction. À quoi bon? pensa-t-elle. Elles ne m’inviteront tout simplement pas à sortir de nouveau avec elles.
Caroline ferma les yeux. Elle se détestait. Tout ce qu’elle entreprenait se soldait par un échec, sinon au sens propre du terme, du moins à ses yeux : ses relations interpersonnelles, ses travaux scolaires, ses projets. Quelques fois, Caroline songeait au suicide. Elle caressait l’idée pendant quelques minutes, examinant ses poignets, se disant qu’il ne suffirait que de faire deux entailles à ces endroits et tout serait terminé rapidement. Cependant, la peur la gagnait à ces seules pensées et elle avait vite fait de les chasser de son esprit.
Quand elle ne put plus supporter ces sinistres idées, elle bondit hors de son lit. Elle s’habilla en vitesse et rejoignit ses parents à la salle à manger. L’adolescente était prête à tout pour se changer les idées.
Rock était absorbé dans la lecture de son journal et ne se dérangea point lorsque sa fille s’assit en face de lui.
– Salut, papa. Salut, maman.
Son père lui lança une salutation matinale de l’autre côté de son journal et continua paisiblement sa lecture. Jessica, pour sa part, prit un plus grand intérêt pour sa fille.
– Alors, as-tu passé une belle soirée au cinéma? demanda sa mère.
– Oui, c’était très agréable, mentit-elle.
Jessica déposa une assiette comportant deux généreuses crêpes arrosées de succulent sirop d’érable. Les gargouillis de son estomac vide transformèrent ce déjeuner banal en un véritable festin de roi. Ses papilles gustatives jubilèrent d’anticipation. La petite créature qu’était Caroline se métamorphosa en ogre le temps de son déjeuner, fourrant d’énormes bouchées de son repas dans son petit orifice buccal. Elle avait dépensé beaucoup d’énergie la veille et son corps réclamait son dû.
– Tiens, qu’est-ce que c’est que cela? demanda soudainement Jessica à sa fille.
Jessica pointait le pansement dans la main gauche de Caroline. Caroline ne broncha point. Elle avait déjà préparé sa réponse.
– Oh! Ce n’est rien. Mes amies et moi avions décidé de faire une petite course. J’ai trébuché et me suis coupé la main sur un morceau de verre. Ne t’inquiète pas, j’ai désinfecté la plaie.
– Folies de jeunesse! Tu ne devrais pas t’exciter comme ça, lui réprimanda sa mère.
– Je suis désolée, maman…
La mine de Jessica s’assombrit. Elle se tut et se retira au salon.
Bravo! Tu as encore gaffé! Comment te sens-tu maintenant? Misérable, voilà comment elle se sentait. Caroline ne saisissait pas ce qui avait bien pu faire réagir sa mère comme elle l’avait fait, mais elle savait que c’était de sa faute. Caroline soupira et tenta de converser avec son père.
– Alors, tout va bien au travail?
Tout de suite, elle regretta d’avoir adressé la parole à son père.
– Oui, mais je suis un peu déçu du milieu, dit-il, toujours caché derrière son journal. On ne reconnaît pas mes compétences à leur juste valeur. Je me sens délaissé…
Pour des raisons qu’elle ne put discerner que beaucoup plus tard, ces mots déclenchèrent une crise chez elle. Rock se plaignait inlassablement de sa situation professionnelle, mais sa voix était réduite à un sourd bourdonnement dans la tête à Caroline.
– Je dois aller faire mes devoirs, interrompit Caroline.
Son père abaissa son journal et regarda sa fille en levant un sourcil.
– Ça va?
– Oui.
Il plissa les yeux et l’observa s’éloigner.
Les ados, pensa-t-il.
Puis, il replongea dans sa lecture.
Caroline se rendit à sa chambre, ferma la porte derrière elle et sortit son canif de sa cachette. Elle s’apprêtait à relever sa manche et à se soulager de ce qu’elle vivait lorsqu’elle entendit sa mère lui demander de prendre le téléphone. La partie consciente de Caroline s’observa décrocher le combiné.
– Oui?
Sa voix sonnait creuse, vide. Elle était dépourvue de toute trace d’émotion quelconque.
– Caroline?
C’était Mélissa. Elle semblait inquiète.
– Ça va, Caroline? Tu me sembles… bizarre.
– Non, ça va. Tout va bien. Mais je ne peux pas te parler tout de suite. Je te rappelle plus tard.
– Non, attends! Ça ne va pas du tout, hein? Qu’est-ce que t’as? Est-ce que tu es là?
– Je vais te rappeler.
Et sur ce, Caroline raccrocha. Elle n’en pouvait plus d’attendre. Elle reprit son canif et
s’administra sa médecine. Comme à l’habitude, le calme s’installa. Par la suite, elle pratiqua son petit rituel habituel : nettoyage de la plaie et du canif, bandage de la plaie si besoin est, etc.
Lorsqu’elle eut terminé, son esprit était trop engourdi pour rappeler Mélissa. Aussi, elle se coucha sur son lit et s’assoupit immédiatement.
Sourcils froncés, Mélissa Lacroix regardait le combiné du téléphone qu’elle tenait dans sa main gauche. Elle le déposa et s’assit lentement dans le grand fauteuil du salon tout en laissant s’échapper un long soupir. Elle était très préoccupée. Les événements de la veille la troublaient. Comment pouvait-elle chasser de sa tête la vision de la main ensanglantée de son amie? Bien sûr, tout cela n’avait été qu’un méprisable accident, comme leur avait expliqué Caroline, mais l’image subsistait dans l’esprit de Mélissa. Caroline, par nature, était timide et peu bavarde. Mélissa respectait ce côté de Caroline et c’est ainsi qu’elle n’en savait que très peu sur son amie. Cette dernière ne parlait pratiquement jamais de ses parents, de son ancienne vie ou d’elle-même. Toutefois, elle était toujours très enjouée d’entendre les histoires que ses amies avaient à raconter. Mélissa connaissait ce genre de personnes. Caroline cachait quelque chose. Un secret. Mais lequel? L’adolescente se triturait les méninges. Qu’était-ce? Et qu’est-ce qui la motivait à garder cette chose secrète? Bien sûr, cela ne faisait que quelques semaines que Caroline et elle se connaissaient, et il était tout à fait compréhensible que Caroline ne souhaite pas se confier tout de suite à Mélissa. Cependant, tout cela avait piqué la curiosité de Mélissa et elle devait maintenant aller au bout des choses.
Elle poussa un autre soupir. Elle devait être prudente. Elle voyait bien qu’on ne devait pas trop pousser Caroline Lapointe. De plus, la curiosité n’avait-elle pas tué le chat? Donc, elle attendrait que le moment soit juste. Elle patienterait jusqu’à ce que Caroline soit suffisamment à l’aise pour lui livrer ses secrets. Enfin, elle pourrait aider son amie. C’était tout ce qu’elle désirait vraiment : aider cette pauvre âme qu’elle savait en détresse.
11/27/2006
Stigmates: chapitre 7
Caroline regardait le contenu de sa garde-robe en se mordant la lèvre inférieure. Chandails à manches longues, chemises à manches longues... Elle ne pouvait se permettre d'autre chose que des vêtements qui couvraient ses cicatrices. Elle observa ces dernières un instant et fit une moue de dégoût. Elles la répugnaient, bien que ce fût elle-même, et volontairement de surcroît, qui s'était infligée chacune d'elles. Caroline se détestait. Elle s'était condamnée elle-même à être prisonnière de tous ces vêtements. Parfois, Caroline caressait l'idée de se défaire de son canif, de tout objet tranchant, de mettre un terme une fois pour toutes à ses tendances autodestructives. Mais c'était impossible. Elle ne pouvait survivre sans cette médecine addictive qui la libérait de tous ses maux.
Les souvenirs de la première fois qu'elle s'était coupée lui revinrent. Sa mère l'avait réprimandée car son enseignante d'écologie lui avait téléphoné. Elle avait expliqué que Caroline ne portait pas suffisamment attention à son enseignement. Une discussion assez piquante avait eu lieu entre l'enseignante de Caroline et Jessica. Lorsque Jessica eut terminé, elle avait fait comprendre à Caroline qu'elle ne devait jamais, jamais humilier sa mère de cette façon à nouveau. Caroline s'était réfugiée dans sa chambre et c'est à ce moment qu'elle commença à entrer progressivement dans cet état apparenté à une transe. Elle avait de la difficulté à respirer. Son esprit semblait... s'évaporer. Il la quittait, s'envolait. Instinctivement, elle avait saisi une paire de petits ciseaux, qui avait été le premier objet à la portée de sa main, et s'était coupée. La douleur et son sang l'avaient stabilisée, ils l'avaient reconnectée à son corps.
Caroline opta pour une chemise vert forêt assez ample. Elle l'enfila et prit bien soin de boutonner l'extrémité de ses manches. Ainsi, ces dernières ne pourraient se relever par inadvertance. Caroline savait pertinemment qu'elle n'était pas vêtue de façon adéquate pour passer la soirée dans une discothèque, mais c'était tout ce qu'elle possédait. Maria et Nadine revêtiraient leurs vêtements les plus aguichants. Elles avaient confié à Caroline que, personnellement, elles n'y voyaient pas qu'une soirée de danse, mais avant tout, une occasion de faire la chasse à l'homme. Elles étaient incorrigibles.
L'adolescente s'étudia dans un miroir. Sa chevelure en queue-de-cheval paraissait tolérable. Elle eut voulu masquer son teint blafard par du maquillage, cependant les seuls produits de beauté qu'elle avait en sa possession étaient des huiles essentielles et des lotions pour le corps. Avec un peu de chance, personne ne me remarquera... Caroline souhaitait sincèrement être à la hauteur de ses amies. Elle ne désirait pas les décevoir ou les embarrasser.
– Caroline, Jessica appela du rez-de-chaussée, ton amie est arrivée!
Caroline jeta un coup d’œil à sa montre. Vingt et une heures. Le temps s'était écoulé beaucoup plus vite qu'elle ne l'avait pensé.
– Fais-la monter, maman, répondit Caroline de sa chambre.
Peu après, Mélissa apparut à la porte de sa chambre. Elle s'accota contre le cadre de porte et inspecta la pièce de son regard malicieux.
– C'est donc ça, l'antre de Caroline...
– Rien de très impressionnant, comme tu peux le constater.
Mélissa s'avança, étudiant les affiches qui décoraient les murs.
– Anywhere But Here, Where the Heart Is, Star Wars : Episode I… Serions-nous en présence d'une admiratrice de la talentueuse Natalie Portman?
– Elle est si sincère et choisit si bien ses rôles! se défendit Caroline.
– Je sais... Je l'aime bien aussi. Je ne connaissais pas tes goûts, tout simplement.
Mélissa aurait certainement fouiné un peu partout si Caroline ne lui avait pas rappelé leur rendez-vous de vingt et une heures trente avec Maria et Nadine. À contrecœur, Mélissa abandonna sa fouille des lieux.
– Dommage, disait-elle, on peut apprendre un tas de choses en étudiant la chambre à coucher de quelqu'un...
Un peu trop de choses à mon goût. Caroline pensait à ce qui se trouvait sous son matelas.
Le Tribe était situé étrangement pour une discothèque, pensait Caroline. Une banque et un magasin de boiseries occupaient les locaux de part et d’autre de la boîte de nuit. De plus, cette dernière se trouvait complètement isolée de tous les autres bars de la ville. Peut-être avait-on justement choisi ce lieu pour n’entrer en concurrence avec aucun autre établissement de ce genre. Quoiqu’il en soit, un jour un entrepreneur déciderait de lui porter concurrence et l’on verrait alors apparaître une nouvelle discothèque. Puis une autre. Et une autre. Jusqu’à ce que les citoyens se plaignent du vacarme et que l’on commence à voir la fermeture de ces boîtes de nuit. Quelques années plus tard, le cycle recommencerait parce que le marché était profitable. Vive les règles de l’économie. Caroline grimaça. Elle ne croyait pas dans les lois de l’économie. Contrairement aux lois de la physique ou des mathématiques, l’économie n’était que pure invention de l’esprit et non pas une réalité du monde.
Comme convenu, les quatre adolescentes se rencontrèrent dans le stationnement de la discothèque à vingt et une heures trente. Caroline ne put supprimer la fascination que lui inspirait chaque fois l’étonnant contraste entre Maria et Nadine. L’une, grande, le teint et les cheveux foncés, les vêtements sombres et ternes ; l’autre, petite, le teint blême, les cheveux blonds, vêtue de couleurs vives et éclatantes. Toutefois, le contraste ne se limitait qu’à leur apparence physique. En effet, tout dans leur personnalité rappelait celle de l’autre : façon d’agir, de penser, de s’exprimer. Le moule de leur caractère avait été le même, semblait-il. Parfois, Caroline se demandait si Maria et Nadine n’avaient pas été sœurs jumelles dans quelque vie antérieure.
– Salut vous deux! lança Nadine à Mélissa et Caroline.
– Bonsoir, mes chères, répondit Mélissa en imitant le ton prétentieux des gens de la haute société.
Maria leva le nez, l’air arrogant, et dit d’une voix pleine de mépris : « Alors, allons rejoindre tous ces rustauds et honorons-les de notre présence. »
Les quatre adolescentes se regardèrent et éclatèrent de rire. Ensemble, elles se joignirent aux jeunes gens qui attendaient patiemment en ligne devant l’entrée du Tribe.
– Crois-tu qu’Esteban va être là, ce soir? demanda Nadine à son inséparable moitié.
– Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu de la semaine.
– Ah! le beau Esteban! parodia Mélissa.
Rougissant légèrement, Nadine frappa amicalement Mélissa dans le ventre.
– Esteban? demanda Caroline en fronçant les sourcils.
– C’est mon cousin qui vient du Guatemala, comme moi, répondit Maria, un sourire tendre aux lèvres. Il vit près de chez moi et fait capoter Nadine.
– Quand même, les filles! Le gars qui ne fera pas capoter Nadine n’est pas encore né, plaisanta Mélissa.
Caroline rit légèrement. Désormais, elle se sentait étonnamment à l’aise avec ses trois amies. Évidemment, elle ne leur dévoilerait jamais son secret! Cela les terrifierait et elle se retrouverait de nouveau seule dans ce territoire hostile et effrayant qu’était sa vie de solitude. Cependant, elle prenait plaisir à s’imaginer une jeune fille normale et en santé même si elle trouvait que tout cela relevait de la science-fiction. Les fous ne finissaient-ils pas tous leurs jours dans un hôpital psychiatrique? Caroline était persuadée que tel était le sort qui lui serait réservé si quiconque découvrait ses tendances autodestructrices. Elle chassa ces pensées de sa tête et tenta de se concentrer sur le moment présent, sur ses amies qui, pour l’instant, appréciaient sa compagnie.
– Vos cartes d’identité, je vous prie, demanda l’un des deux jeunes hommes costauds à la porte d’entrée.
– Salut, Étienne!
– Oh! Salut, Maria! Bon, j’imagine qu’il faut que l’on vous laisse passer encore une fois, se résigna-t-il. Tu sais, un jour, on va perdre notre emploi à cause de Nadine et toi!
– Merci, Ti-tienne! T’es adorable!
– Est-ce qu’il aurait un faible pour toi, par hasard? demanda Caroline à Maria pendant qu’elles se frayaient un chemin dans la foule.
– Oui, et j’avoue que je n’agis pas nécessairement en bonne petite fille dans cette affaire-là. Disons, que je profite de ce fait pour obtenir certains privilèges… Un jour, je lui remettrai la pareille.
Maria fit un clin d’œil complice à Caroline.
À l’intérieur régnait un mélange insolite de chaos ordonné et d’ordre chaotique. Véritable fourmilière grouillant de gens en quête d’émotions fortes et de conquêtes éphémères, la discothèque était particulièrement bondée ce soir-là. Les effets lumineux, tels que les lasers et les stroboscopes, se mêlaient harmonieusement à la musique pour créer un environnement surréaliste et hypnotique. L’endroit permettait aux gens d’oublier leurs soucis, de se laisser vibrer au rythme effréné de la musique. Dans ce lieu, on oubliait les distances personnelles et intimes. Parfois, après l’absorption de certaines substances illicites, le contact devenait une obsession. Tensions sexuelles flottaient dans l’air et contribuaient à l’abolition des tabous du monde extérieur. Les gens dansaient sensuellement, corps collés l’un contre l’autre, nonobstant qu’ils se connaissent ou non.
Caroline observait cette scène de délire où toutes les règles étaient abolies. Tout ceci allait à l’encontre de ce qu’on lui avait appris : se conformer, se tenir tranquille, réprimer ses pulsions sexuelles. Une voix intérieure lui criait qu’elle enfreignait les règles, qu’elle ne devrait pas être à cet endroit. Sa mère serait furieuse si elle apprenait où elle avait réellement passé sa soirée ; Caroline avait prétendu que Mélissa, Nadine, Maria et elle allaient regarder un film au cinéma. D’autre part, une toute petite voix lui murmurait aussi d’en profiter, de se faire plaisir, qu’elle le méritait bien. Caroline soupira. Ne connaîtrait-elle jamais la paix?
– Allez, viens Caro!
Mélissa lui prit la main et l’entraîna parmi la masse de personnes. Bien qu’elle manquât de confiance en elle-même, Caroline s’efforça de reproduire les mouvements sensuels de ses copines qui avaient plus d’expérience qu’elle dans ce genre d’activité. Puis, peu à peu, Caroline prit un air déterminé et sa danse se personnalisa. La musique la pénétrait, lui insufflant une nouvelle vie. Une flamme brûlait en elle et l’ambiance l’intensifiait. Ses sens s’éveillaient, prenant conscience du monde qui l’entourait. La vitalité qui dormait en elle depuis des années, la fougue qu’elle étouffait, ces forces qu’elle ne connaissait pas s’animaient en elle. Après une longue et sombre nuit, l’aube et l’espoir se montraient le bout du nez. L’adolescente ne s’était jamais sentie aussi vivante. Sa danse lascive attirait des regards, mais rien ne la dérangeait. Pour une fois, son corps et son esprit se fusionnaient. La musique l’emportait et elle dansait. La Terre s’était arrêtée de tourner et Caroline oublia les cicatrices qui marquaient ses bras, elle oublia son secret qui lui empoisonnait l’existence tout en étant le remède à tous ses maux, elle s’oublia.
Lorsque son corps n’en put plus, Caroline se retira du plancher de danse et s’assit à une table à l’écart. Ses trois amies vinrent la rejoindre.
– Un seul mot : WOW! Où as-tu appris à danser comme ça?
– Qu’est-ce qui t’est arrivé? Tu semblais complètement partie!
– C’est incroyable! Tu aurais dû te voir aller!
Ses camarades parlaient toutes en même temps à une vitesse démesurée. Caroline n’entendit pas un seul mot de ce qu’elles lui disaient. Elle était elle-même dépassée par les événements. Que s’était-il donc passé sur le plancher de danse? Que lui était-il arrivé? Elle n’avait jamais rien connu de la sorte. Si elle avait pris à boire avant d’aller danser, elle aurait soupçonné quelqu’un de l’avoir droguée, mais elle n’avait rien bu depuis l’heure du souper. C’était une expérience extrêmement troublante, mais combien exaltante. Caroline ne savait quoi en penser. Elle aurait dit qu’elle s’était mise à dégager une sorte… d’énergie positive. Non, c’était fou de penser ainsi. Tout ce qu’elle faisait ou presque lui attirait des représailles de sa mère, elle était une mauvaise amie et elle se coupait! C’était tout dire! Pourtant… Y aurait-il quelque chose de bien en elle? Elle avait un côté lugubre, horrible, fou, qu’elle masquait habilement en public. Avait-elle aussi un côté pur et magnifique comme ce qui venait de se produire? Était-ce possible?
Soudain, elle réalisa que ses amies s’étaient tues. Elle leva les yeux et tout s’écroula. C’était le garçon de l’agora, celui qui s’était moqué d’elle et avec raison! Il ne semblait pas la reconnaître. Heureusement, l’éclairage de la discothèque cachait le visage livide de Caroline. Il lui adressa ces paroles :
– Pardon, veux-tu danser avec moi?
Toutes pensées à propos de ce qui s’était produit sombrèrent dans l’oubli. Elles furent noyées par le torrent d’émotions qui menaçaient d’emporter la jeune fille. D’un côté, ce garçon l’avait humiliée. D’autre part, elle ne pouvait refuser et faire honte à ses amies en déclinant l’invitation d’un garçon comme celui-là.
– Je… eum… non, enfin, oui, mais…
C’est ainsi que les symptômes firent leur apparition. Après un moment de lucidité incroyable, c’était complètement l’opposé qui se produisait. Le son de la musique et la voix des gens qui l’entouraient s’éloignèrent. Son cerveau et ses idées s’embrumaient. Tout ressemblait maintenant à un rêve. C’était une scène lointaine sur laquelle elle n’avait qu’un seul et unique pouvoir.
– Excusez-moi, dit-elle à ses amies et au garçon.
Elle se leva, s’empara de sa bourse et se dirigea à toute vitesse vers les toilettes. Elle bouscula plusieurs personnes sur le plancher de danse, bafouillant quelques excuses absurdes. Rien n’importait. Elle devait tout simplement se rendre aux toilettes avant qu’il ne soit trop tard.
Elle entra dans la salle de toilettes et s’enferma dans l’un des cabinets. Elle ouvrit sa bourse et saisit la petite paire de ciseaux qu’elle dissimulait sous une épaisse couche de factures et de mouchoirs. Comme c’était le cas en ce moment, il se pouvait qu’elle ait besoin de se soulager à l’extérieur de la maison. Toutefois, bien que la jeune fille se trouvât dans un état second, elle savait pertinemment qu’elle risquait d’être découverte. Ainsi, elle se coupa dans la main gauche. Ce n’était qu’une petite coupure, peu profonde, mais la douleur fut assez intense pour la reconnecter à son corps. Le calme habituel qui suivait ces gestes assouvit le besoin de l’adolescente. La jeune fille s’effondra sur le plancher. Elle fixa sa main sanglante, le regard vide. Tout ce qui s’était passé en début de soirée sur le plancher de danse n’avait été qu’illusion. Il n’y avait pas eu d’aube d’un jour meilleur. Ce n’était que la suite de cette éternelle noirceur.
En d’autres circonstances, Caroline eut probablement pleuré. Cependant, elle ne pouvait se permettre ce luxe présentement. Sa coupure avait en quelque sorte nettoyé son âme, emportant avec elle toute émotion, ne laissant derrière que le calme et le vide.
Tout à coup, elle fut consciente que des gens entraient dans la salle de bains. En un éclair, ses ciseaux disparurent dans son sac à main.
– Caro? demanda Maria.
Ses amies poussèrent la porte du cabinet qu’elle n’avait pas pris la peine de verrouiller. Mélissa, Nadine et Maria apparurent, leur visage empreint d’anxiété et de crainte pour leur amie. Nadine grimaça en voyant la main ensanglantée de Caroline et Maria se jeta au sol.
– Mon Dieu! Caro! Qu’est-ce qui s’est passé? Voyons, parle-nous! Ça va?
– Je… je suis tombée… J’ai eu un malaise. Je veux retourner chez moi.
Ses amies acquiescèrent, mais insistèrent avant tout de nettoyer sa plaie et d’apposer un pansement stérile afin de la tenir fermée.
Quand elles eurent terminé, elles reconduisirent Caroline à son domicile. Les trois camarades de Caroline voulurent demeurer avec elle, mais Caroline les convainquit qu’elle serait en sécurité et qu’elle ne désirait que dormir. À contrecœur, Mélissa, Nadine et Maria s’en retournèrent à leur propre demeure, chacune d’elle rongée par l’inquiétude et les remords.
Les souvenirs de la première fois qu'elle s'était coupée lui revinrent. Sa mère l'avait réprimandée car son enseignante d'écologie lui avait téléphoné. Elle avait expliqué que Caroline ne portait pas suffisamment attention à son enseignement. Une discussion assez piquante avait eu lieu entre l'enseignante de Caroline et Jessica. Lorsque Jessica eut terminé, elle avait fait comprendre à Caroline qu'elle ne devait jamais, jamais humilier sa mère de cette façon à nouveau. Caroline s'était réfugiée dans sa chambre et c'est à ce moment qu'elle commença à entrer progressivement dans cet état apparenté à une transe. Elle avait de la difficulté à respirer. Son esprit semblait... s'évaporer. Il la quittait, s'envolait. Instinctivement, elle avait saisi une paire de petits ciseaux, qui avait été le premier objet à la portée de sa main, et s'était coupée. La douleur et son sang l'avaient stabilisée, ils l'avaient reconnectée à son corps.
Caroline opta pour une chemise vert forêt assez ample. Elle l'enfila et prit bien soin de boutonner l'extrémité de ses manches. Ainsi, ces dernières ne pourraient se relever par inadvertance. Caroline savait pertinemment qu'elle n'était pas vêtue de façon adéquate pour passer la soirée dans une discothèque, mais c'était tout ce qu'elle possédait. Maria et Nadine revêtiraient leurs vêtements les plus aguichants. Elles avaient confié à Caroline que, personnellement, elles n'y voyaient pas qu'une soirée de danse, mais avant tout, une occasion de faire la chasse à l'homme. Elles étaient incorrigibles.
L'adolescente s'étudia dans un miroir. Sa chevelure en queue-de-cheval paraissait tolérable. Elle eut voulu masquer son teint blafard par du maquillage, cependant les seuls produits de beauté qu'elle avait en sa possession étaient des huiles essentielles et des lotions pour le corps. Avec un peu de chance, personne ne me remarquera... Caroline souhaitait sincèrement être à la hauteur de ses amies. Elle ne désirait pas les décevoir ou les embarrasser.
– Caroline, Jessica appela du rez-de-chaussée, ton amie est arrivée!
Caroline jeta un coup d’œil à sa montre. Vingt et une heures. Le temps s'était écoulé beaucoup plus vite qu'elle ne l'avait pensé.
– Fais-la monter, maman, répondit Caroline de sa chambre.
Peu après, Mélissa apparut à la porte de sa chambre. Elle s'accota contre le cadre de porte et inspecta la pièce de son regard malicieux.
– C'est donc ça, l'antre de Caroline...
– Rien de très impressionnant, comme tu peux le constater.
Mélissa s'avança, étudiant les affiches qui décoraient les murs.
– Anywhere But Here, Where the Heart Is, Star Wars : Episode I… Serions-nous en présence d'une admiratrice de la talentueuse Natalie Portman?
– Elle est si sincère et choisit si bien ses rôles! se défendit Caroline.
– Je sais... Je l'aime bien aussi. Je ne connaissais pas tes goûts, tout simplement.
Mélissa aurait certainement fouiné un peu partout si Caroline ne lui avait pas rappelé leur rendez-vous de vingt et une heures trente avec Maria et Nadine. À contrecœur, Mélissa abandonna sa fouille des lieux.
– Dommage, disait-elle, on peut apprendre un tas de choses en étudiant la chambre à coucher de quelqu'un...
Un peu trop de choses à mon goût. Caroline pensait à ce qui se trouvait sous son matelas.
Le Tribe était situé étrangement pour une discothèque, pensait Caroline. Une banque et un magasin de boiseries occupaient les locaux de part et d’autre de la boîte de nuit. De plus, cette dernière se trouvait complètement isolée de tous les autres bars de la ville. Peut-être avait-on justement choisi ce lieu pour n’entrer en concurrence avec aucun autre établissement de ce genre. Quoiqu’il en soit, un jour un entrepreneur déciderait de lui porter concurrence et l’on verrait alors apparaître une nouvelle discothèque. Puis une autre. Et une autre. Jusqu’à ce que les citoyens se plaignent du vacarme et que l’on commence à voir la fermeture de ces boîtes de nuit. Quelques années plus tard, le cycle recommencerait parce que le marché était profitable. Vive les règles de l’économie. Caroline grimaça. Elle ne croyait pas dans les lois de l’économie. Contrairement aux lois de la physique ou des mathématiques, l’économie n’était que pure invention de l’esprit et non pas une réalité du monde.
Comme convenu, les quatre adolescentes se rencontrèrent dans le stationnement de la discothèque à vingt et une heures trente. Caroline ne put supprimer la fascination que lui inspirait chaque fois l’étonnant contraste entre Maria et Nadine. L’une, grande, le teint et les cheveux foncés, les vêtements sombres et ternes ; l’autre, petite, le teint blême, les cheveux blonds, vêtue de couleurs vives et éclatantes. Toutefois, le contraste ne se limitait qu’à leur apparence physique. En effet, tout dans leur personnalité rappelait celle de l’autre : façon d’agir, de penser, de s’exprimer. Le moule de leur caractère avait été le même, semblait-il. Parfois, Caroline se demandait si Maria et Nadine n’avaient pas été sœurs jumelles dans quelque vie antérieure.
– Salut vous deux! lança Nadine à Mélissa et Caroline.
– Bonsoir, mes chères, répondit Mélissa en imitant le ton prétentieux des gens de la haute société.
Maria leva le nez, l’air arrogant, et dit d’une voix pleine de mépris : « Alors, allons rejoindre tous ces rustauds et honorons-les de notre présence. »
Les quatre adolescentes se regardèrent et éclatèrent de rire. Ensemble, elles se joignirent aux jeunes gens qui attendaient patiemment en ligne devant l’entrée du Tribe.
– Crois-tu qu’Esteban va être là, ce soir? demanda Nadine à son inséparable moitié.
– Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu de la semaine.
– Ah! le beau Esteban! parodia Mélissa.
Rougissant légèrement, Nadine frappa amicalement Mélissa dans le ventre.
– Esteban? demanda Caroline en fronçant les sourcils.
– C’est mon cousin qui vient du Guatemala, comme moi, répondit Maria, un sourire tendre aux lèvres. Il vit près de chez moi et fait capoter Nadine.
– Quand même, les filles! Le gars qui ne fera pas capoter Nadine n’est pas encore né, plaisanta Mélissa.
Caroline rit légèrement. Désormais, elle se sentait étonnamment à l’aise avec ses trois amies. Évidemment, elle ne leur dévoilerait jamais son secret! Cela les terrifierait et elle se retrouverait de nouveau seule dans ce territoire hostile et effrayant qu’était sa vie de solitude. Cependant, elle prenait plaisir à s’imaginer une jeune fille normale et en santé même si elle trouvait que tout cela relevait de la science-fiction. Les fous ne finissaient-ils pas tous leurs jours dans un hôpital psychiatrique? Caroline était persuadée que tel était le sort qui lui serait réservé si quiconque découvrait ses tendances autodestructrices. Elle chassa ces pensées de sa tête et tenta de se concentrer sur le moment présent, sur ses amies qui, pour l’instant, appréciaient sa compagnie.
– Vos cartes d’identité, je vous prie, demanda l’un des deux jeunes hommes costauds à la porte d’entrée.
– Salut, Étienne!
– Oh! Salut, Maria! Bon, j’imagine qu’il faut que l’on vous laisse passer encore une fois, se résigna-t-il. Tu sais, un jour, on va perdre notre emploi à cause de Nadine et toi!
– Merci, Ti-tienne! T’es adorable!
– Est-ce qu’il aurait un faible pour toi, par hasard? demanda Caroline à Maria pendant qu’elles se frayaient un chemin dans la foule.
– Oui, et j’avoue que je n’agis pas nécessairement en bonne petite fille dans cette affaire-là. Disons, que je profite de ce fait pour obtenir certains privilèges… Un jour, je lui remettrai la pareille.
Maria fit un clin d’œil complice à Caroline.
À l’intérieur régnait un mélange insolite de chaos ordonné et d’ordre chaotique. Véritable fourmilière grouillant de gens en quête d’émotions fortes et de conquêtes éphémères, la discothèque était particulièrement bondée ce soir-là. Les effets lumineux, tels que les lasers et les stroboscopes, se mêlaient harmonieusement à la musique pour créer un environnement surréaliste et hypnotique. L’endroit permettait aux gens d’oublier leurs soucis, de se laisser vibrer au rythme effréné de la musique. Dans ce lieu, on oubliait les distances personnelles et intimes. Parfois, après l’absorption de certaines substances illicites, le contact devenait une obsession. Tensions sexuelles flottaient dans l’air et contribuaient à l’abolition des tabous du monde extérieur. Les gens dansaient sensuellement, corps collés l’un contre l’autre, nonobstant qu’ils se connaissent ou non.
Caroline observait cette scène de délire où toutes les règles étaient abolies. Tout ceci allait à l’encontre de ce qu’on lui avait appris : se conformer, se tenir tranquille, réprimer ses pulsions sexuelles. Une voix intérieure lui criait qu’elle enfreignait les règles, qu’elle ne devrait pas être à cet endroit. Sa mère serait furieuse si elle apprenait où elle avait réellement passé sa soirée ; Caroline avait prétendu que Mélissa, Nadine, Maria et elle allaient regarder un film au cinéma. D’autre part, une toute petite voix lui murmurait aussi d’en profiter, de se faire plaisir, qu’elle le méritait bien. Caroline soupira. Ne connaîtrait-elle jamais la paix?
– Allez, viens Caro!
Mélissa lui prit la main et l’entraîna parmi la masse de personnes. Bien qu’elle manquât de confiance en elle-même, Caroline s’efforça de reproduire les mouvements sensuels de ses copines qui avaient plus d’expérience qu’elle dans ce genre d’activité. Puis, peu à peu, Caroline prit un air déterminé et sa danse se personnalisa. La musique la pénétrait, lui insufflant une nouvelle vie. Une flamme brûlait en elle et l’ambiance l’intensifiait. Ses sens s’éveillaient, prenant conscience du monde qui l’entourait. La vitalité qui dormait en elle depuis des années, la fougue qu’elle étouffait, ces forces qu’elle ne connaissait pas s’animaient en elle. Après une longue et sombre nuit, l’aube et l’espoir se montraient le bout du nez. L’adolescente ne s’était jamais sentie aussi vivante. Sa danse lascive attirait des regards, mais rien ne la dérangeait. Pour une fois, son corps et son esprit se fusionnaient. La musique l’emportait et elle dansait. La Terre s’était arrêtée de tourner et Caroline oublia les cicatrices qui marquaient ses bras, elle oublia son secret qui lui empoisonnait l’existence tout en étant le remède à tous ses maux, elle s’oublia.
Lorsque son corps n’en put plus, Caroline se retira du plancher de danse et s’assit à une table à l’écart. Ses trois amies vinrent la rejoindre.
– Un seul mot : WOW! Où as-tu appris à danser comme ça?
– Qu’est-ce qui t’est arrivé? Tu semblais complètement partie!
– C’est incroyable! Tu aurais dû te voir aller!
Ses camarades parlaient toutes en même temps à une vitesse démesurée. Caroline n’entendit pas un seul mot de ce qu’elles lui disaient. Elle était elle-même dépassée par les événements. Que s’était-il donc passé sur le plancher de danse? Que lui était-il arrivé? Elle n’avait jamais rien connu de la sorte. Si elle avait pris à boire avant d’aller danser, elle aurait soupçonné quelqu’un de l’avoir droguée, mais elle n’avait rien bu depuis l’heure du souper. C’était une expérience extrêmement troublante, mais combien exaltante. Caroline ne savait quoi en penser. Elle aurait dit qu’elle s’était mise à dégager une sorte… d’énergie positive. Non, c’était fou de penser ainsi. Tout ce qu’elle faisait ou presque lui attirait des représailles de sa mère, elle était une mauvaise amie et elle se coupait! C’était tout dire! Pourtant… Y aurait-il quelque chose de bien en elle? Elle avait un côté lugubre, horrible, fou, qu’elle masquait habilement en public. Avait-elle aussi un côté pur et magnifique comme ce qui venait de se produire? Était-ce possible?
Soudain, elle réalisa que ses amies s’étaient tues. Elle leva les yeux et tout s’écroula. C’était le garçon de l’agora, celui qui s’était moqué d’elle et avec raison! Il ne semblait pas la reconnaître. Heureusement, l’éclairage de la discothèque cachait le visage livide de Caroline. Il lui adressa ces paroles :
– Pardon, veux-tu danser avec moi?
Toutes pensées à propos de ce qui s’était produit sombrèrent dans l’oubli. Elles furent noyées par le torrent d’émotions qui menaçaient d’emporter la jeune fille. D’un côté, ce garçon l’avait humiliée. D’autre part, elle ne pouvait refuser et faire honte à ses amies en déclinant l’invitation d’un garçon comme celui-là.
– Je… eum… non, enfin, oui, mais…
C’est ainsi que les symptômes firent leur apparition. Après un moment de lucidité incroyable, c’était complètement l’opposé qui se produisait. Le son de la musique et la voix des gens qui l’entouraient s’éloignèrent. Son cerveau et ses idées s’embrumaient. Tout ressemblait maintenant à un rêve. C’était une scène lointaine sur laquelle elle n’avait qu’un seul et unique pouvoir.
– Excusez-moi, dit-elle à ses amies et au garçon.
Elle se leva, s’empara de sa bourse et se dirigea à toute vitesse vers les toilettes. Elle bouscula plusieurs personnes sur le plancher de danse, bafouillant quelques excuses absurdes. Rien n’importait. Elle devait tout simplement se rendre aux toilettes avant qu’il ne soit trop tard.
Elle entra dans la salle de toilettes et s’enferma dans l’un des cabinets. Elle ouvrit sa bourse et saisit la petite paire de ciseaux qu’elle dissimulait sous une épaisse couche de factures et de mouchoirs. Comme c’était le cas en ce moment, il se pouvait qu’elle ait besoin de se soulager à l’extérieur de la maison. Toutefois, bien que la jeune fille se trouvât dans un état second, elle savait pertinemment qu’elle risquait d’être découverte. Ainsi, elle se coupa dans la main gauche. Ce n’était qu’une petite coupure, peu profonde, mais la douleur fut assez intense pour la reconnecter à son corps. Le calme habituel qui suivait ces gestes assouvit le besoin de l’adolescente. La jeune fille s’effondra sur le plancher. Elle fixa sa main sanglante, le regard vide. Tout ce qui s’était passé en début de soirée sur le plancher de danse n’avait été qu’illusion. Il n’y avait pas eu d’aube d’un jour meilleur. Ce n’était que la suite de cette éternelle noirceur.
En d’autres circonstances, Caroline eut probablement pleuré. Cependant, elle ne pouvait se permettre ce luxe présentement. Sa coupure avait en quelque sorte nettoyé son âme, emportant avec elle toute émotion, ne laissant derrière que le calme et le vide.
Tout à coup, elle fut consciente que des gens entraient dans la salle de bains. En un éclair, ses ciseaux disparurent dans son sac à main.
– Caro? demanda Maria.
Ses amies poussèrent la porte du cabinet qu’elle n’avait pas pris la peine de verrouiller. Mélissa, Nadine et Maria apparurent, leur visage empreint d’anxiété et de crainte pour leur amie. Nadine grimaça en voyant la main ensanglantée de Caroline et Maria se jeta au sol.
– Mon Dieu! Caro! Qu’est-ce qui s’est passé? Voyons, parle-nous! Ça va?
– Je… je suis tombée… J’ai eu un malaise. Je veux retourner chez moi.
Ses amies acquiescèrent, mais insistèrent avant tout de nettoyer sa plaie et d’apposer un pansement stérile afin de la tenir fermée.
Quand elles eurent terminé, elles reconduisirent Caroline à son domicile. Les trois camarades de Caroline voulurent demeurer avec elle, mais Caroline les convainquit qu’elle serait en sécurité et qu’elle ne désirait que dormir. À contrecœur, Mélissa, Nadine et Maria s’en retournèrent à leur propre demeure, chacune d’elle rongée par l’inquiétude et les remords.
11/26/2006
I shall end it, I promise!
Mea culpa à tous et à toutes.
Stigmates. Je vous ai tous laissé languir alors que Caroline s'apprêtait à sortir dans une discothèque avec ses amies.
Bonne nouvelle, alors! Je vais publier les derniers chapitres de Stigmates d'ici quelques semaines! Dès demain, vous pourrez lire la suite avec le chapitre 7!
En attendant, pour vous rafraîchir la mémoire vous pouvez lire les chapitres précédents ainsi que deux ou trois messages reliés à Stigmates ici: cliquez-moi. Les chapitres sont en ordre croissant à partir du bas de la page.
Bonne relecture et bonne lecture demain!
~Marc
Stigmates. Je vous ai tous laissé languir alors que Caroline s'apprêtait à sortir dans une discothèque avec ses amies.
Bonne nouvelle, alors! Je vais publier les derniers chapitres de Stigmates d'ici quelques semaines! Dès demain, vous pourrez lire la suite avec le chapitre 7!
En attendant, pour vous rafraîchir la mémoire vous pouvez lire les chapitres précédents ainsi que deux ou trois messages reliés à Stigmates ici: cliquez-moi. Les chapitres sont en ordre croissant à partir du bas de la page.
Bonne relecture et bonne lecture demain!
~Marc
Bleh
Comme l'écrivait si bien Safarir il y a plusieurs années:
Vous en faites pas trop, ça va.
~Marc
Fuck. Shit. Frustration
Fuck. Shit. Incompréhension.
Vous en faites pas trop, ça va.
~Marc
Addition à la famille

On a un nouveau membre dans la famille! Je vous présente Maya!
Mon frère Benoit et sa copine Nathalie l'ont trouvée dans le bois ce matin. Elle mourait de faim, était toute mouillée et grelotait de tout son corps. Ils nous l'ont apportée puisqu'ils ne peuvent pas la garder. On lui a donné de la bouffe et une litière et on l'a placée en haut, tandis que Cannelle reste au sous-sol et au rez-de-chaussée. Cannelle est venue la voir, mais elle (Cannelle) a eu peur et s'est sauvée. Elle est retournée une deuxième fois, mais elle était encore stressée. Heureusement, Cannelle ne semble pas *trop* traumatisée.
Demain, Éric va emmener Maya chez le vétérinaire pour un petit check-up de routine et on va prendre rendez-vous pour l'Opération et pour faire dégriffer ses pattes de devant.
Oh là là! Quelle journée! Et moi qui voulais faire des devoirs...
~Marc
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