J'ai ENFIN terminé mon rapport de stage. Ça faisait juste... quoi? Trois semaines que ça traînait et que je n'arrivais tout simplement pas à écrire quoi que ce soit. J'y ai donné la claque ces derniers trois jours et fin finalement, c'est fait.
Ma phrase préférée? «Les détails de cette théorie dépassent très largement les limites de ce rapport.» Aaah! La façon diplomatique de dire: «Je ne comprends rien à cette théorie, alors ne vous attendez pas à ce que je l'explique!»
Plus qu'une semaine avant le début des cours! Wouhou! J'ai hâte!
~Marc
8/31/2006
Ouf!
On l'a retrouvée!
Comme dirait Indiana Jones dans Indiana Jones et la dernière croisade: «Sa place est dans un musée!» Et je suis entièrement d'accord. Cette semaine même je déplorais encore son vol à mon frère. C'est difficile de croire que ça fait déjà 2 ans qu'elle avait été volée. Le temps passe vite!
~Marc
(pseudo-amateur d'art)
Comme dirait Indiana Jones dans Indiana Jones et la dernière croisade: «Sa place est dans un musée!» Et je suis entièrement d'accord. Cette semaine même je déplorais encore son vol à mon frère. C'est difficile de croire que ça fait déjà 2 ans qu'elle avait été volée. Le temps passe vite!
~Marc
(pseudo-amateur d'art)
8/27/2006
Drôle de rêve
J'ai une bonne amie de la région qui suit présentement un cours d'été à Montréal. La dernière fois qu'on s'est parlé, c'était au début août. Il lui restait une semaine avant son examen final. Puis, elle était supposée revenir chez elle en Outaouais. Le vendredi suivant mon retour à la maison, je lui ai écrit un courriel pour prendre de ses nouvelles, mais après une semaine, elle ne m'avait toujours pas répondu et je ne l'avais pas revue sur MSN. Pas de problème, ça lui arrive souvent de disparaître d'Internet pour quelques jours. Alors, vendredi soir, je décide de lui téléphoner chez ses parents mais son frère me dit qu'elle n'est pas à la maison. Je lui demande si elle est toujours à Montréal et je trouve sa réponse plutôt étrange: «Possiblement. Je n'ai pas eu de nouvelles d'elle depuis une semaine.» Alors, ça c'est bizarre! Normalement, elle revient en Outaouais à toutes les fins de semaine et son cours se terminait la semaine dernière. Étonnant. Je me suis dit que j'allais bien recevoir de ses nouvelles bientôt.
Or il semblerait que mon subconscient est plus préoccupé que je le croyais puisque j'ai rêvé à elle cette nuit. Je ne me souviens plus du début de mon rêve, mais j'étais dans un train qui passait près d'un aéroport. Il y avait mon ami Étienne qui étudie en navigation à l'Institut maritime du Québec. (J'ai rêvé à lui car je ne l'ai pas vu de l'été sur MSN et il vient tout juste de réapparaître... il devait être en stage en mer.) Tout à coup, une fille s'asseoit devant moi et commence à me parler. Je ne me souviens plus trop ce qu'elle m'a dit. Je suis intrigué. On dirait qu'elle me connaît, mais je ne la reconnais pas. C'est peut-être mon amie? «C'est toi?» «Non, je suis sa cousine, Yo.» En réalité, mon amie me parle souvent de sa cousine. Elles semblent avoir une belle complicité. Mais elle ne s'appelle pas vraiment Yo. C'est que l'une des dernières fois que j'ai parlé à mon amie, je l'ai saluée en disant: «Yo!» Elle m'a répondu que c'est comme ça que son frère la saluait également, sur MSN. Bref.
Je disais donc que c'était sa cousine assise en face de moi dans le train. Elle me dit que mon amie est portée disparue et qu'elle ne me rejoindra pas ou quelque chose du genre. Je suis tout confus. Quoi? Disparue? Quand? Où? Comment? Je demande à Yo (hi hi... mon cerveau a des drôles d'idées parfois) si je peux lui parler (à elle, Yo) en arrivant à la gare, car je veux plus de détails. Elle accepte. Quand on arrive à la gare, on débarque et on marche ensemble dans un drôle de complexe commercial quelconque. Elle me raconte que mon amie est tombée sous l'emprise d'un étrange médecin chef d'une secte. Elle ne veut plus me voir parce que j'ai parlé contre ce médecin à un moment donné. Puis elle est disparue, présumément avec ce chef de secte. Je pose quelques autres questions à Yo. Je suis très inquiet et je veux absolument la retrouver. Je me souviens plus très bien du reste, si ce n'est que je fouille partout et je crie son nom en espérant la retrouver.
...
Eum... ouain. C'est à peu près ça. J'ai hâte d'avoir de ses nouvelles, évidemment.
~Marc
Or il semblerait que mon subconscient est plus préoccupé que je le croyais puisque j'ai rêvé à elle cette nuit. Je ne me souviens plus du début de mon rêve, mais j'étais dans un train qui passait près d'un aéroport. Il y avait mon ami Étienne qui étudie en navigation à l'Institut maritime du Québec. (J'ai rêvé à lui car je ne l'ai pas vu de l'été sur MSN et il vient tout juste de réapparaître... il devait être en stage en mer.) Tout à coup, une fille s'asseoit devant moi et commence à me parler. Je ne me souviens plus trop ce qu'elle m'a dit. Je suis intrigué. On dirait qu'elle me connaît, mais je ne la reconnais pas. C'est peut-être mon amie? «C'est toi?» «Non, je suis sa cousine, Yo.» En réalité, mon amie me parle souvent de sa cousine. Elles semblent avoir une belle complicité. Mais elle ne s'appelle pas vraiment Yo. C'est que l'une des dernières fois que j'ai parlé à mon amie, je l'ai saluée en disant: «Yo!» Elle m'a répondu que c'est comme ça que son frère la saluait également, sur MSN. Bref.
Je disais donc que c'était sa cousine assise en face de moi dans le train. Elle me dit que mon amie est portée disparue et qu'elle ne me rejoindra pas ou quelque chose du genre. Je suis tout confus. Quoi? Disparue? Quand? Où? Comment? Je demande à Yo (hi hi... mon cerveau a des drôles d'idées parfois) si je peux lui parler (à elle, Yo) en arrivant à la gare, car je veux plus de détails. Elle accepte. Quand on arrive à la gare, on débarque et on marche ensemble dans un drôle de complexe commercial quelconque. Elle me raconte que mon amie est tombée sous l'emprise d'un étrange médecin chef d'une secte. Elle ne veut plus me voir parce que j'ai parlé contre ce médecin à un moment donné. Puis elle est disparue, présumément avec ce chef de secte. Je pose quelques autres questions à Yo. Je suis très inquiet et je veux absolument la retrouver. Je me souviens plus très bien du reste, si ce n'est que je fouille partout et je crie son nom en espérant la retrouver.
...
Eum... ouain. C'est à peu près ça. J'ai hâte d'avoir de ses nouvelles, évidemment.
~Marc
8/26/2006
Inondation annuelle
C'est devenu une tradition au dojo: à chaque été, il y a un dégât d'eau! Aujourd'hui, c'est le réservoir à eau chaude qui a lâché. Il y avait de l'eau partout dans l'entrée, au comptoir et dans le vestiaire des hommes. Heureusement, les tatamis ont été épargnés cette fois-ci. Je ne me serais pas vu à les nettoyer comme l'an dernier: It floats! It floats!
Sylvain commence à être bien tanné de notre petit dojo dans le sous-sol et de tous les problèmes qu'on a connus. Il faut dire qu'on a passé proche de déménager le club l'an dernier. On aurait pu avoir un tout nouveau local construit spécialement pour nous, mais finalement, il y a eu des problèmes de zonage et de sol. Dommage. On va garder l'oeil ouvert pour un nouveau local.
Aujourd'hui, Pierre Plouffe a dit qu'on devrait se faire des t-shirts: Inondation 2006: La tradition continue! En passant, La tradition continue!, c'est le slogan de notre club.
:p
Si je gagne à la loterie, je vais faire construire un local tout neuf exprès pour le club!
~Marc
Sylvain commence à être bien tanné de notre petit dojo dans le sous-sol et de tous les problèmes qu'on a connus. Il faut dire qu'on a passé proche de déménager le club l'an dernier. On aurait pu avoir un tout nouveau local construit spécialement pour nous, mais finalement, il y a eu des problèmes de zonage et de sol. Dommage. On va garder l'oeil ouvert pour un nouveau local.
Aujourd'hui, Pierre Plouffe a dit qu'on devrait se faire des t-shirts: Inondation 2006: La tradition continue! En passant, La tradition continue!, c'est le slogan de notre club.
:p
Si je gagne à la loterie, je vais faire construire un local tout neuf exprès pour le club!
~Marc
8/25/2006
I broke my promise
Je n'ai pas commencé mon rapport aujourd'hui. Mais j'ai une excuse! :p
Ce matin, je prends mon temps, je déjeune, je regarde quelques épisodes des Transformers (je suis vraiment accro ces temps-ci!). Je me dis: «Allez hop! au travail!» Je me mets devant l'ordi. Tiens, qu'est-ce que c'est? Une réponse du Dr Xu de l'Université Carleton concernant son projet de recherche. Je l'avais contacté hier puisque je suis intéressé à me joindre à son équipe pour faire mon projet de fin de baccalauréat. Il veut que je l'appelle. Alors je l'appelle! Il veut me rencontrer! Cet après-midi! Oh là là! D'accord!
Vite! Pas de temps à perdre! Je vais sur Internet et je cherche l'article qu'il a publié en juillet dans la revue Medical Physics. L'article décrit en détail le dispositif sur lequel porte sa recherche. Je l'imprime. C'est l'heure de dîner. Je mange en vitesse et déjà, je dois partir pour Ottawa si je veux me rendre à Carleton à temps pour 15h. Dans l'autobus, je lis l'article (fort intéressant, par ailleurs). Je croise également mon amie Dinorah, avec qui je suis allé au secondaire. On débarque de l'autobus ensemble et on jase un peu. Elle a sa première vraie exposition d'oeuvres d'art! Dans un spa, à Chelsea! (Chelsea: petite municipalité en banlieue de Gatineau... parlant de Gatineau, il faut que je mette mon profil de Blogger à jour...) Et elle a vendu sa première peinture! Elle expose jusqu'en décembre. Je suis super heureux pour elle. Dinorah, c'était l'Artiste avec un grand A de notre classe du secondaire. Je vais essayer de me trouver un petit temps pour aller voir ça.
Bref. On se sépare. Je prends l'autobus direction Université Carleton. J'arrive sur le campus juste à temps pour ma rencontre avec Dr Xu... en fait, j'arrive 10 minutes en avance. Finalement, on se rencontre, on s'asseoit et on discute toute l'affaire.
Et j'ai un projet de recherche! Je vais travailler avec Dr Xu cette année. Sur quoi? Sur un dispositif de positionnement 3D en temps réel de tumeurs cancéreuses. C'est un système qui serait utilisé lors de traitements de radiothérapie, notamment pour des tumeurs aux poumons. En effet, pour administrer des traitements de radio, on doit connaître exactement la position des tumeurs afin d'éviter d'exposer des cellules normales à des doses élevées de radiation. Dans le cas de tumeurs aux poumons et à l'abdomen, la respiration entraîne des mouvements d'amplitude considérable des tumeurs. Ainsi, ce système de positionnement en temps réel serait énormément bénéfique. Bien sûr, il en existe déjà, mais celui-ci a l'avantage d'utiliser de très petits marqueurs tout en étant très efficace et précis.
Après cette rencontre, je reviens chez moi. Je soupe avec ma mère. Et puis il est déjà trop tard pour commencer mon rapport. En fait, ce n'est pas si vrai. J'aurais pu commencer mon rapport au lieu d'écrire ce message, mais je voulais mentionner que je me suis trouvé un projet qui m'intéresse vraiment!
Mais là, demain, je m'y mets pour VRAI!
:p
~Marc
Ce matin, je prends mon temps, je déjeune, je regarde quelques épisodes des Transformers (je suis vraiment accro ces temps-ci!). Je me dis: «Allez hop! au travail!» Je me mets devant l'ordi. Tiens, qu'est-ce que c'est? Une réponse du Dr Xu de l'Université Carleton concernant son projet de recherche. Je l'avais contacté hier puisque je suis intéressé à me joindre à son équipe pour faire mon projet de fin de baccalauréat. Il veut que je l'appelle. Alors je l'appelle! Il veut me rencontrer! Cet après-midi! Oh là là! D'accord!
Vite! Pas de temps à perdre! Je vais sur Internet et je cherche l'article qu'il a publié en juillet dans la revue Medical Physics. L'article décrit en détail le dispositif sur lequel porte sa recherche. Je l'imprime. C'est l'heure de dîner. Je mange en vitesse et déjà, je dois partir pour Ottawa si je veux me rendre à Carleton à temps pour 15h. Dans l'autobus, je lis l'article (fort intéressant, par ailleurs). Je croise également mon amie Dinorah, avec qui je suis allé au secondaire. On débarque de l'autobus ensemble et on jase un peu. Elle a sa première vraie exposition d'oeuvres d'art! Dans un spa, à Chelsea! (Chelsea: petite municipalité en banlieue de Gatineau... parlant de Gatineau, il faut que je mette mon profil de Blogger à jour...) Et elle a vendu sa première peinture! Elle expose jusqu'en décembre. Je suis super heureux pour elle. Dinorah, c'était l'Artiste avec un grand A de notre classe du secondaire. Je vais essayer de me trouver un petit temps pour aller voir ça.
Bref. On se sépare. Je prends l'autobus direction Université Carleton. J'arrive sur le campus juste à temps pour ma rencontre avec Dr Xu... en fait, j'arrive 10 minutes en avance. Finalement, on se rencontre, on s'asseoit et on discute toute l'affaire.
Et j'ai un projet de recherche! Je vais travailler avec Dr Xu cette année. Sur quoi? Sur un dispositif de positionnement 3D en temps réel de tumeurs cancéreuses. C'est un système qui serait utilisé lors de traitements de radiothérapie, notamment pour des tumeurs aux poumons. En effet, pour administrer des traitements de radio, on doit connaître exactement la position des tumeurs afin d'éviter d'exposer des cellules normales à des doses élevées de radiation. Dans le cas de tumeurs aux poumons et à l'abdomen, la respiration entraîne des mouvements d'amplitude considérable des tumeurs. Ainsi, ce système de positionnement en temps réel serait énormément bénéfique. Bien sûr, il en existe déjà, mais celui-ci a l'avantage d'utiliser de très petits marqueurs tout en étant très efficace et précis.
Après cette rencontre, je reviens chez moi. Je soupe avec ma mère. Et puis il est déjà trop tard pour commencer mon rapport. En fait, ce n'est pas si vrai. J'aurais pu commencer mon rapport au lieu d'écrire ce message, mais je voulais mentionner que je me suis trouvé un projet qui m'intéresse vraiment!
Mais là, demain, je m'y mets pour VRAI!
:p
~Marc
8/24/2006
Tout a commencé avec un livre...
D'où m'est venue l'idée pour Stigmates? Ouf! Voilà une question à laquelle je ne peux répondre succinctement. (Je voulais utiliser ce mot au moins une fois!) On peut dire que tout a commencé avec un livre. Ce livre, c'est Bouillon de poulet pour l'âme, ou Chicken Soup for the Soul dans sa version originale anglaise. Vous avez sûrement déjà entendu parler de cette série de recueils d'histoires courtes destinées à réchauffer notre coeur avec des récits d'amour, de persévérance, de succès, etc. J'ai dû lire mon premier Chicken Soup en 2e ou 3e secondaire. Je suis immédiatement tombé sous le charme et cette lecture a servi de fondation à la personne que je suis aujourd'hui... surtout à mon attitude positive et compatissante (c'est un mot, ça?). En fait, j'ai tellement adoré ce livre que ma mère m'a acheté Chicken Soup for the Teenage Soul. Et j'ai tellement aimé celui-là que je me suis précipité sur le site web de ce livre. Sur ce site, j'ai trouvé un forum de discussion pour les ados. Et sur ce forum, j'ai trouvé la section Tough Stuff. Et dans cette section, j'ai trouvé la souffrance. La souffrance de centaines de jeunes adolescents comme moi. Et dans cette souffrance, j'ai trouvé l'auto-mutilation. Il y avait des dizaines de personnes qui parlaient de leur condition, de leurs actes, qui demandaient de l'aide. J'ai été bouleversé et ma vie a changé. Je me suis rapidement lié d'amitié avec deux jeunes filles qui s'auto-mutilaient. Je n'écrirai pas leurs noms ici. Je leur ai écrit pendant plusieurs semaines. Je n'essayais pas de régler leurs problèmes; je savais bien qu'il était impossible pour moi de le faire. Je n'essayais pas non plus de comprendre leur situation; tout ceci était bien trop complexe pour mon simple esprit d'adolescent. Mais j'essayais de les supporter, de leur faire comprendre que peu importe ce qui arrivait dans leur vie, il y avait quelqu'un qui pensait à elles et qui leur souhaitait tout le bonheur du monde. Qu'il y avait quelqu'un qui croyait en elles. Je voulais tellement les aider. Je souhaitais tellement qu'elles soient heureuses. Je trouvais difficile d'accepter que des gens puissent autant souffrir émotionnellement.
C'est directement de cet épisode de ma vie qu'est venue l'idée d'écrire mon projet de fin d'études secondaires sur l'automutilation.
...
Je m'ennuie de ces deux amies. Malheureusement, après toutes ces années, j'ai perdu toute notre correspondance. J'ai même perdu leur adresse de courriel. Et le pire, j'ai oublié leur nom de famille. Je ne me souviens que de leur prénom.
Mes très chères amies, je pense à vous et je vous souhaite tout le bonheur et l'amour que vous méritez.
Votre ami,
~Marc
C'est directement de cet épisode de ma vie qu'est venue l'idée d'écrire mon projet de fin d'études secondaires sur l'automutilation.
...
Je m'ennuie de ces deux amies. Malheureusement, après toutes ces années, j'ai perdu toute notre correspondance. J'ai même perdu leur adresse de courriel. Et le pire, j'ai oublié leur nom de famille. Je ne me souviens que de leur prénom.
Mes très chères amies, je pense à vous et je vous souhaite tout le bonheur et l'amour que vous méritez.
Votre ami,
~Marc
Toujours vivant!
Je suis celui qui r'garde en avant!
:p
J'ai plutôt négligé mon blogue ces jours-ci. C'est que depuis que je suis revenu de Sherbrooke, je ne fous pas grand-chose. En fait, je suis devenu expert de la procrastination! Bon, j'exagère un peu. Après tout, j'ai fait une longue sortie de vélo+randonnée pédestre avec des amis, je suis allé déjeuner au resto avec deux amies différentes, je suis allé souper avec des amis du secondaire, je suis allé voir un spectacle au Centre national des arts (Dracula: SUPER BON!), je suis retourné au karaté, je suis allé m'inscrire à mes cours à l'université, j'ai commencé à contacter des professeurs pour mon projet de recherche de 4e année...
Ouf!
Et dans tout ça, j'ai trouvé le moyen de NE PAS commencer la rédaction de mon rapport de stage. Je vais m'y mettre dès demain, promis, juré, craché! :p
Il me reste encore deux semaines de vacances et je compte bien continuer en profiter pour ne rien faire, à part regarder de bons vieux épisodes des Transformers... et rédiger mon rapport de stage, bien entendu.
~Marc
:p
J'ai plutôt négligé mon blogue ces jours-ci. C'est que depuis que je suis revenu de Sherbrooke, je ne fous pas grand-chose. En fait, je suis devenu expert de la procrastination! Bon, j'exagère un peu. Après tout, j'ai fait une longue sortie de vélo+randonnée pédestre avec des amis, je suis allé déjeuner au resto avec deux amies différentes, je suis allé souper avec des amis du secondaire, je suis allé voir un spectacle au Centre national des arts (Dracula: SUPER BON!), je suis retourné au karaté, je suis allé m'inscrire à mes cours à l'université, j'ai commencé à contacter des professeurs pour mon projet de recherche de 4e année...
Ouf!
Et dans tout ça, j'ai trouvé le moyen de NE PAS commencer la rédaction de mon rapport de stage. Je vais m'y mettre dès demain, promis, juré, craché! :p
Il me reste encore deux semaines de vacances et je compte bien continuer en profiter pour ne rien faire, à part regarder de bons vieux épisodes des Transformers... et rédiger mon rapport de stage, bien entendu.
~Marc
Stigmates: chapitre 6
Quelques semaines plus tard, Caroline fermait la porte de son casier, plongée dans une réflexion personnelle sur l'état des choses à la maison, lorsque Mélissa apparut soudainement à ses côtés. Comme toujours, elle affichait un large sourire qui révélait ses superbes dents blanches.
– Alors, Miss Je-suis-perdue-dans-mes-pensées, prête pour un passionnant cours de mathématiques?
– Toujours, marmonna Caroline.
Caroline en était venue à cette conclusion à propos de Mélissa : elle devait accepter de devenir son amie afin que celle-ci la laisse tranquille. Ironique. Caroline avait donc rendu les armes. D'autre part, elle appréciait la personnalité de Mélissa. Elle l'amusait et réussissait parfois à lui faire oublier ses soucis. Pourtant, Caroline cherchait à ne pas trop s'attacher à cette nouvelle camarade. C'était stupide et cela représentait un signe de faiblesse de s'attacher à quelqu'un et d'en dépendre.
– Allons, ma petite fille, Mélissa était en train de dire, montre-moi tes belles petites dents!
Malgré l'humeur quelque peu maussade de Caroline ce jour-là, les efforts de Mélissa gratifièrent cette dernière d'un mince sourire de son amie.
– Je savais bien que ces petits muscles savaient encore se contracter!
Décidément, Mélissa plaisait bien à Caroline. Sauf lorsqu'elle l'interrogeait sur sa vie privée. Heureusement, elle n'insistait jamais et Caroline en était plus que reconnaissante, bien qu'elle ne serait jamais capable d'exprimer cette gratitude, car cela n'aurait fourni qu'un prétexte de plus à Mélissa pour s'interroger sur la vie privée de Caroline.
Quelques camarades de classe auxquelles Caroline n'avait jamais adressé plus que deux mots vinrent les rejoindre. Elle les salua tout de même d'un petit sourire poli. Ensemble, elles se rendirent à leur local de mathématiques.
– Non, mais il était tellement mignon! racontait Nadine à l'heure du dîner.
Nadine Chantigny était la fille aux cheveux blonds que Caroline avait remarquée lors de l'inscription. Maria Lopez, celle à l'accent espagnol, occupait la chaise en face de Caroline, subjuguée par le récit de sa copine. Les quatre adolescentes se tenaient de plus en plus souvent ensemble. Chaque midi, Nadine et Maria se joignaient à Mélissa et Caroline et discutaient de leurs nouvelles conquêtes amoureuses ou de candidats potentiels. Caroline écoutait distraitement les véritables feuilletons des deux amies qui, à toute apparence, étaient obsédées par les beaux garçons. Cependant, à les entendre parler, elles les trouvaient tous beaux alors… Mélissa, de son côté, prenait un plaisir fou à écouter Maria et Nadine relater leurs expériences et s'amusait encore plus à les taquiner par la suite.
– Pardonnez-moi les filles. J'aimerais parler à ma sœurette.
D'un mouvement sec et rapide, Mélissa décocha un coup de pied sur le tibia du jeune homme qui venait de prononcer ces paroles.
– Je ne suis pas ta sœurette! Je suis même née trois minutes avant toi!
Il maugréa quelques bêtises et Mélissa lança un regard victorieux à ses camarades. Elle pouvait se permettre de le malmener à sa guise : c'était Éric Lacroix, son frère jumeau. Éric était lui aussi dans le programme d'éducation internationale, mais Caroline avait peu de cours avec lui. Elle ne l'avait que salué quelques fois par politesse. Il était aussi grand que sa sœur et était peu costaud pour ne pas dire maigre. Son regard sérieux et ce sourire bidon qu'il affichait quelques fois incommodaient Caroline. Il semblait... distant. Il n'avait que très peu d'amis. Côté personnalité, c'était l'opposé naturel de sa sœur. Elle : le blanc, ouverte, radieuse, enjouée, bavarde ; lui : le noir, renfermé, sombre, sérieux, silencieux.
Frère et sœur échangèrent quelques mots à voix basse avant de pouffer de rire ensemble. Malgré les différences de tempérament entre Éric et Mélissa, une complicité formidable régnait entre les deux. Mélissa lui tapota les joues et il s'éloigna de leur table aussi discrètement qu'il s'en était approché.
Caroline sentit soudain les regards de Maria et Nadine peser sur elle. Qu'avaient-elles à la regarder comme ça? Sa bouche se mit soudainement à produire des surplus de salive. Qu'avait-elle fait? La voix tremblante, elle demanda :
– Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
– Mais as-tu vu sa figure! s'exclama Maria.
– Ouais!
Nadine avait un très large sourire aux lèvres.
– Ma chère Mélissa, entama Nadine, je crois que ton frère fait de l'effet sur Caroline...
Caroline éprouva une soudaine envie de se cacher dans son sac à dos. Ses joues tournèrent écarlates en un clin d’œil.
– L'as-tu vue regarder Éric? continua Maria. On aurait dit qu'elle regardait Russel Crowe!
– Russell Crowe? Yeurk... Bruce Willis est bien plus beau!
Et le débat était entamé entre Maria et Nadine. Heureusement, en très peu de temps, elles avaient tout oublié à propos de Caroline et d'Éric. Sûrement, elles devaient exagérer. Caroline n'avait pas contemplé Éric comme elles disaient qu'elle l'avait fait. Elle ne le trouvait même pas attirant! Seulement... mystérieux. D'autant plus que l'attitude dont il faisait preuve à l'école la troublait.
– On va devoir se parler, toi et moi, glissa Mélissa dans l'oreille de Caroline d'un ton autoritaire.
Mélissa la regardait les yeux plissés, les traits sérieux.
– Je suis vraiment désolée, s'empressa de dire Caroline à mi-voix. Je sais que je t'ai embarrassée en face de Maria et Nadine.
Mélissa eut l'air confuse un instant. Puis, elle tenta de se faire rassurante.
– Mais voyons, je te taquinais, Caroline.
Pourtant, cette dernière n'était pas rassurée du tout. Elle hocha la tête, mais doutait sérieusement de l'honnêteté de son amie. D'un autre côté, comment pouvait-elle douter de Mélissa? Et tu oses t'appeler une amie? Franchement, Caroline! Tu devrais avoir honte de toi!
– Qu'en dis-tu, Caroline?
– Pardon? J'étais dans la lune.
– Vendredi soir, reprit Nadine lentement, on t'invite à venir avec nous au Tribe... C'est une
discothèque. Ça te dit?
– Je... euh, bafouilla-t-elle, mais on n’a même pas dix-huit ans!
– Ce n’est pas grave. On connaît les garçons à la porte. Ils nous laissent toujours entrer.
– Euh… d’accord, mais je vais demander à ma mère si je peux sortir en premier lieu…
– Parfait! Mais donne-nous une réponse rapidement, ok?
Caroline regarda Mélissa qui lui décocha un sourire complice.
– Ça va te faire du bien de sortir un peu, dit Mélissa. On va bien s'amuser, tu vas voir!
Caroline acquiesça mais un doute subsistait. Pouvait-elle vraiment, elle, Caroline Lapointe, sortir avec des gens de son âge et s'amuser?
– Alors, Miss Je-suis-perdue-dans-mes-pensées, prête pour un passionnant cours de mathématiques?
– Toujours, marmonna Caroline.
Caroline en était venue à cette conclusion à propos de Mélissa : elle devait accepter de devenir son amie afin que celle-ci la laisse tranquille. Ironique. Caroline avait donc rendu les armes. D'autre part, elle appréciait la personnalité de Mélissa. Elle l'amusait et réussissait parfois à lui faire oublier ses soucis. Pourtant, Caroline cherchait à ne pas trop s'attacher à cette nouvelle camarade. C'était stupide et cela représentait un signe de faiblesse de s'attacher à quelqu'un et d'en dépendre.
– Allons, ma petite fille, Mélissa était en train de dire, montre-moi tes belles petites dents!
Malgré l'humeur quelque peu maussade de Caroline ce jour-là, les efforts de Mélissa gratifièrent cette dernière d'un mince sourire de son amie.
– Je savais bien que ces petits muscles savaient encore se contracter!
Décidément, Mélissa plaisait bien à Caroline. Sauf lorsqu'elle l'interrogeait sur sa vie privée. Heureusement, elle n'insistait jamais et Caroline en était plus que reconnaissante, bien qu'elle ne serait jamais capable d'exprimer cette gratitude, car cela n'aurait fourni qu'un prétexte de plus à Mélissa pour s'interroger sur la vie privée de Caroline.
Quelques camarades de classe auxquelles Caroline n'avait jamais adressé plus que deux mots vinrent les rejoindre. Elle les salua tout de même d'un petit sourire poli. Ensemble, elles se rendirent à leur local de mathématiques.
– Non, mais il était tellement mignon! racontait Nadine à l'heure du dîner.
Nadine Chantigny était la fille aux cheveux blonds que Caroline avait remarquée lors de l'inscription. Maria Lopez, celle à l'accent espagnol, occupait la chaise en face de Caroline, subjuguée par le récit de sa copine. Les quatre adolescentes se tenaient de plus en plus souvent ensemble. Chaque midi, Nadine et Maria se joignaient à Mélissa et Caroline et discutaient de leurs nouvelles conquêtes amoureuses ou de candidats potentiels. Caroline écoutait distraitement les véritables feuilletons des deux amies qui, à toute apparence, étaient obsédées par les beaux garçons. Cependant, à les entendre parler, elles les trouvaient tous beaux alors… Mélissa, de son côté, prenait un plaisir fou à écouter Maria et Nadine relater leurs expériences et s'amusait encore plus à les taquiner par la suite.
– Pardonnez-moi les filles. J'aimerais parler à ma sœurette.
D'un mouvement sec et rapide, Mélissa décocha un coup de pied sur le tibia du jeune homme qui venait de prononcer ces paroles.
– Je ne suis pas ta sœurette! Je suis même née trois minutes avant toi!
Il maugréa quelques bêtises et Mélissa lança un regard victorieux à ses camarades. Elle pouvait se permettre de le malmener à sa guise : c'était Éric Lacroix, son frère jumeau. Éric était lui aussi dans le programme d'éducation internationale, mais Caroline avait peu de cours avec lui. Elle ne l'avait que salué quelques fois par politesse. Il était aussi grand que sa sœur et était peu costaud pour ne pas dire maigre. Son regard sérieux et ce sourire bidon qu'il affichait quelques fois incommodaient Caroline. Il semblait... distant. Il n'avait que très peu d'amis. Côté personnalité, c'était l'opposé naturel de sa sœur. Elle : le blanc, ouverte, radieuse, enjouée, bavarde ; lui : le noir, renfermé, sombre, sérieux, silencieux.
Frère et sœur échangèrent quelques mots à voix basse avant de pouffer de rire ensemble. Malgré les différences de tempérament entre Éric et Mélissa, une complicité formidable régnait entre les deux. Mélissa lui tapota les joues et il s'éloigna de leur table aussi discrètement qu'il s'en était approché.
Caroline sentit soudain les regards de Maria et Nadine peser sur elle. Qu'avaient-elles à la regarder comme ça? Sa bouche se mit soudainement à produire des surplus de salive. Qu'avait-elle fait? La voix tremblante, elle demanda :
– Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
– Mais as-tu vu sa figure! s'exclama Maria.
– Ouais!
Nadine avait un très large sourire aux lèvres.
– Ma chère Mélissa, entama Nadine, je crois que ton frère fait de l'effet sur Caroline...
Caroline éprouva une soudaine envie de se cacher dans son sac à dos. Ses joues tournèrent écarlates en un clin d’œil.
– L'as-tu vue regarder Éric? continua Maria. On aurait dit qu'elle regardait Russel Crowe!
– Russell Crowe? Yeurk... Bruce Willis est bien plus beau!
Et le débat était entamé entre Maria et Nadine. Heureusement, en très peu de temps, elles avaient tout oublié à propos de Caroline et d'Éric. Sûrement, elles devaient exagérer. Caroline n'avait pas contemplé Éric comme elles disaient qu'elle l'avait fait. Elle ne le trouvait même pas attirant! Seulement... mystérieux. D'autant plus que l'attitude dont il faisait preuve à l'école la troublait.
– On va devoir se parler, toi et moi, glissa Mélissa dans l'oreille de Caroline d'un ton autoritaire.
Mélissa la regardait les yeux plissés, les traits sérieux.
– Je suis vraiment désolée, s'empressa de dire Caroline à mi-voix. Je sais que je t'ai embarrassée en face de Maria et Nadine.
Mélissa eut l'air confuse un instant. Puis, elle tenta de se faire rassurante.
– Mais voyons, je te taquinais, Caroline.
Pourtant, cette dernière n'était pas rassurée du tout. Elle hocha la tête, mais doutait sérieusement de l'honnêteté de son amie. D'un autre côté, comment pouvait-elle douter de Mélissa? Et tu oses t'appeler une amie? Franchement, Caroline! Tu devrais avoir honte de toi!
– Qu'en dis-tu, Caroline?
– Pardon? J'étais dans la lune.
– Vendredi soir, reprit Nadine lentement, on t'invite à venir avec nous au Tribe... C'est une
discothèque. Ça te dit?
– Je... euh, bafouilla-t-elle, mais on n’a même pas dix-huit ans!
– Ce n’est pas grave. On connaît les garçons à la porte. Ils nous laissent toujours entrer.
– Euh… d’accord, mais je vais demander à ma mère si je peux sortir en premier lieu…
– Parfait! Mais donne-nous une réponse rapidement, ok?
Caroline regarda Mélissa qui lui décocha un sourire complice.
– Ça va te faire du bien de sortir un peu, dit Mélissa. On va bien s'amuser, tu vas voir!
Caroline acquiesça mais un doute subsistait. Pouvait-elle vraiment, elle, Caroline Lapointe, sortir avec des gens de son âge et s'amuser?
8/21/2006
Stigmates: chapitre 5
Le lendemain, l'humeur de Mère Nature s'apparentait à celle de Caroline. Des nuages orageux obscurcissaient le ciel. Des grondements de tonnerre se faisaient entendre au loin. Un mince filet de pluie froide se mit à tomber. La journée s'annonçait morne et ennuyeuse.
Caroline affichait une longue et funeste figure à son arrêt d'autobus. Les funèbres pensées de la veille ne lui avaient donné aucun répit. Elle repassait la journée d'hier dans sa tête : son arrivée au cours de français, la rencontre avec Mélissa Lacroix, son dîner à la bibliothèque, l'après-midi d'enfer à fuir poliment Mélissa. Quelle journée! Le retour à la maison n'avait point été mieux. Son père était demeuré très tard à l'université. Sa mère s'était continuellement plainte des «hurluberlus» qu'elle devait servir à la bibliothèque. En fin de soirée, Caroline n'avait pu se retenir de se couper derechef. Toute la tension accumulée au courant de la journée s'était ainsi volatilisée et elle avait pu s'assoupir sans trop de difficultés.
L'autobus s'arrêta à quelques pas d'elle. Le groupe de personnes qui l'attendaient en se gelant les os dans cette pluie glaciale s'entassèrent en face des portes coulissantes. Caroline suivit tranquillement. Une fois bien au chaud à l'intérieur, son esprit plongea à nouveau dans ce sombre océan qu'étaient ses idées depuis hier. Elle se laissa dériver dans ces eaux houleuses. Elle était vraiment seule au monde. Une minuscule fourmi parmi une foule de géants. Une chose insignifiante pour laquelle personne ne portait aucun intérêt.
– Une femme à la mer! déclara soudain une fille d'un ton badin.
Caroline faillit s'étouffer avec sa salive. Éberluée, elle regarda avec des yeux exorbités la fille qui s'était imperceptiblement glissée à ses côtés. Mélissa Lacroix la regardait, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.
– C'est si agréable de se sentir bienvenue comme ça!
Les petits yeux verts de Mélissa étincelaient d'amusement. Caroline secoua la tête et chassa, du moins pour le moment présent, ses soucis dans un recoin de son esprit.
– Tu m'as surprise, c'est tout, dit Caroline d'une faible voix.
– Oh, oh, tu sembles encore malade, toi... Ce n'est pas sérieux, j'espère?
– Non... Ce n'était que passager...
Derrière ses petites lunettes, les yeux de Mélissa observaient toujours Caroline qui dut détourner le regard et contempler le ciel orageux au travers la fenêtre du véhicule.
– Tu sais, si tu préfères, je peux m'asseoir ailleurs, commença Mélissa.
Caroline tourna brusquement la tête. Son visage affichait un mélange de peur et de soulagement.
– Non! Reste... s'il te plaît. Je... je suis désolée, tu sais. Pardonne-moi.
Mélissa fronça les sourcils et étudia Caroline.
– Tu es certaine que tu ne fais plus de fièvre, Caroline?
Le sourire de Mélissa se redessinait lentement sur ses lèvres ; il ne demeurait jamais caché longtemps.
– Parce que si tu es malade, tu pourrais me filer ce que tu as pour que je puisse manquer de l'école!
Mélissa éclata de rire. Caroline hésita, puis esquissa un sourire. La jeune fille était certaine qu'elle avait offensé Mélissa. C'était sans aucun doute pour cette raison qu'elle avait offert de s'asseoir ailleurs. C'était inacceptable de blesser les gens. Caroline se détestait. Mentalement, elle se lança un chapelet d'injures à la tête. Elle n'avait rencontré Mélissa qu’hier et elle avait déjà gaffé!
– En passant, pourquoi as-tu dit : « Une femme à la mer! »? demanda Caroline.
– Oh! Et bien, tu semblais si absorbée dans tes pensées que tu aurais pu t'y noyer...
Caroline fixa Mélissa mais avant que l'une ou l'autre des deux adolescentes aient eu le temps d'ajouter quoi que ce soit à leur conversation, l'autobus les débarquait en face de leur école.
Caroline réprima un bâillement et s'accouda à son pupitre. La raison d'être du cours d'éducation au choix de carrière échappait à Caroline. Qu'y apprenait-on de si important? Et l'enseignant, M.Séguin, était aussi intéressant qu'une botte de foin.
La jeune fille jeta un coup d’œil autour d'elle. La moitié des étudiants somnolaient, l'autre moitié de ceux-ci s'écrivaient des lettres dans leur agenda scolaire. Quel intérêt M.Séguin savait susciter chez ses élèves!
Une feuille de papier en forme de canard fut lancée sur le pupitre de Caroline. Vive l’art traditionnel japonais du papier plié! Une lettre de Mélissa. Caroline s'empressa de la lire.
L'adolescente éprouvait encore des sentiments contraires par rapport à cette fille pour la moins sympathique. D’une part, Caroline semblait dans l'impossibilité d'éloigner Mélissa sans la vexer, ce qu'elle s'interdisait de faire. Ensuite, son secret ne serait en sécurité que si elle demeurait à part des autres. Je n'ai pas ma place parmi les gens normaux... Et si je lui montrais mes cicatrices, elle serait horrifiée... Par ailleurs, Caroline était terriblement seule. Cette amie qui prenait un intérêt étrange en elle offrait quelque chose de nouveau, quelque chose d'à la fois excitant et terrifiant. La nature babillarde de Mélissa permettait à Caroline de conserver sa propre nature discrète.
Mais avant tout, c'était son secret qui comptait. Oui, c'est ce qui importait le plus dans toute cette affaire. Caroline compromettait sa vie entière en se liant d'amitié avec Mélissa. Elle ne pouvait se le permettre. Ce serait beaucoup mieux de jeter à l'eau cette idée d'amitié avec cette Mélissa. Où avait-elle eu la tête?
Tard cette nuit, Caroline se réveilla. Quelque chose n'allait pas. Elle alluma sa lampe de chevet. Son regard se porta sur la pile de cartables et de manuels qu'elle avait déposée sur son bureau où elle effectuait ses devoirs. La lettre que Mélissa lui avait écrite pendant la journée reposait sur le coin. Caroline l’observa fixement. À cet instant, tout semblait se jouer avec cette lettre. Une sensation de désorientation et de confusion emplit Caroline. Que devait-elle faire? Une peur inexprimable la rongeait de l'intérieur.
Ses pensées s'embrouillèrent. Tout semblait s'éloigner. Caroline entrait dans sa transe. Elle observa son corps à distance alors qu'elle s'emparait de son canif et relevait la manche de son pyjama. Elle se coupa à deux reprises. La douleur et la vue de son sang s'échappant de ses coupures eurent l'effet désiré. Le calme s'installa dans l'esprit de Caroline qui redescendait progressivement dans son corps. Elle s'était ancrée au sol.
Elle nettoya méthodiquement son bras, ses plaies, le canif, le plancher. Elle se recoucha, engourdie, calme, détendue. Elle repensa à Mélissa. Cette fois, la mer d'émotions n'était pas agitée. Caroline avait pris une décision. Ses yeux se portèrent sur la lettre de Mélissa. Ce n'était peut-être pas le choix le plus judicieux, toutefois, qu'avait-elle à y perdre?
Caroline affichait une longue et funeste figure à son arrêt d'autobus. Les funèbres pensées de la veille ne lui avaient donné aucun répit. Elle repassait la journée d'hier dans sa tête : son arrivée au cours de français, la rencontre avec Mélissa Lacroix, son dîner à la bibliothèque, l'après-midi d'enfer à fuir poliment Mélissa. Quelle journée! Le retour à la maison n'avait point été mieux. Son père était demeuré très tard à l'université. Sa mère s'était continuellement plainte des «hurluberlus» qu'elle devait servir à la bibliothèque. En fin de soirée, Caroline n'avait pu se retenir de se couper derechef. Toute la tension accumulée au courant de la journée s'était ainsi volatilisée et elle avait pu s'assoupir sans trop de difficultés.
L'autobus s'arrêta à quelques pas d'elle. Le groupe de personnes qui l'attendaient en se gelant les os dans cette pluie glaciale s'entassèrent en face des portes coulissantes. Caroline suivit tranquillement. Une fois bien au chaud à l'intérieur, son esprit plongea à nouveau dans ce sombre océan qu'étaient ses idées depuis hier. Elle se laissa dériver dans ces eaux houleuses. Elle était vraiment seule au monde. Une minuscule fourmi parmi une foule de géants. Une chose insignifiante pour laquelle personne ne portait aucun intérêt.
– Une femme à la mer! déclara soudain une fille d'un ton badin.
Caroline faillit s'étouffer avec sa salive. Éberluée, elle regarda avec des yeux exorbités la fille qui s'était imperceptiblement glissée à ses côtés. Mélissa Lacroix la regardait, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.
– C'est si agréable de se sentir bienvenue comme ça!
Les petits yeux verts de Mélissa étincelaient d'amusement. Caroline secoua la tête et chassa, du moins pour le moment présent, ses soucis dans un recoin de son esprit.
– Tu m'as surprise, c'est tout, dit Caroline d'une faible voix.
– Oh, oh, tu sembles encore malade, toi... Ce n'est pas sérieux, j'espère?
– Non... Ce n'était que passager...
Derrière ses petites lunettes, les yeux de Mélissa observaient toujours Caroline qui dut détourner le regard et contempler le ciel orageux au travers la fenêtre du véhicule.
– Tu sais, si tu préfères, je peux m'asseoir ailleurs, commença Mélissa.
Caroline tourna brusquement la tête. Son visage affichait un mélange de peur et de soulagement.
– Non! Reste... s'il te plaît. Je... je suis désolée, tu sais. Pardonne-moi.
Mélissa fronça les sourcils et étudia Caroline.
– Tu es certaine que tu ne fais plus de fièvre, Caroline?
Le sourire de Mélissa se redessinait lentement sur ses lèvres ; il ne demeurait jamais caché longtemps.
– Parce que si tu es malade, tu pourrais me filer ce que tu as pour que je puisse manquer de l'école!
Mélissa éclata de rire. Caroline hésita, puis esquissa un sourire. La jeune fille était certaine qu'elle avait offensé Mélissa. C'était sans aucun doute pour cette raison qu'elle avait offert de s'asseoir ailleurs. C'était inacceptable de blesser les gens. Caroline se détestait. Mentalement, elle se lança un chapelet d'injures à la tête. Elle n'avait rencontré Mélissa qu’hier et elle avait déjà gaffé!
– En passant, pourquoi as-tu dit : « Une femme à la mer! »? demanda Caroline.
– Oh! Et bien, tu semblais si absorbée dans tes pensées que tu aurais pu t'y noyer...
Caroline fixa Mélissa mais avant que l'une ou l'autre des deux adolescentes aient eu le temps d'ajouter quoi que ce soit à leur conversation, l'autobus les débarquait en face de leur école.
Caroline réprima un bâillement et s'accouda à son pupitre. La raison d'être du cours d'éducation au choix de carrière échappait à Caroline. Qu'y apprenait-on de si important? Et l'enseignant, M.Séguin, était aussi intéressant qu'une botte de foin.
La jeune fille jeta un coup d’œil autour d'elle. La moitié des étudiants somnolaient, l'autre moitié de ceux-ci s'écrivaient des lettres dans leur agenda scolaire. Quel intérêt M.Séguin savait susciter chez ses élèves!
Une feuille de papier en forme de canard fut lancée sur le pupitre de Caroline. Vive l’art traditionnel japonais du papier plié! Une lettre de Mélissa. Caroline s'empressa de la lire.
L'adolescente éprouvait encore des sentiments contraires par rapport à cette fille pour la moins sympathique. D’une part, Caroline semblait dans l'impossibilité d'éloigner Mélissa sans la vexer, ce qu'elle s'interdisait de faire. Ensuite, son secret ne serait en sécurité que si elle demeurait à part des autres. Je n'ai pas ma place parmi les gens normaux... Et si je lui montrais mes cicatrices, elle serait horrifiée... Par ailleurs, Caroline était terriblement seule. Cette amie qui prenait un intérêt étrange en elle offrait quelque chose de nouveau, quelque chose d'à la fois excitant et terrifiant. La nature babillarde de Mélissa permettait à Caroline de conserver sa propre nature discrète.
Mais avant tout, c'était son secret qui comptait. Oui, c'est ce qui importait le plus dans toute cette affaire. Caroline compromettait sa vie entière en se liant d'amitié avec Mélissa. Elle ne pouvait se le permettre. Ce serait beaucoup mieux de jeter à l'eau cette idée d'amitié avec cette Mélissa. Où avait-elle eu la tête?
Tard cette nuit, Caroline se réveilla. Quelque chose n'allait pas. Elle alluma sa lampe de chevet. Son regard se porta sur la pile de cartables et de manuels qu'elle avait déposée sur son bureau où elle effectuait ses devoirs. La lettre que Mélissa lui avait écrite pendant la journée reposait sur le coin. Caroline l’observa fixement. À cet instant, tout semblait se jouer avec cette lettre. Une sensation de désorientation et de confusion emplit Caroline. Que devait-elle faire? Une peur inexprimable la rongeait de l'intérieur.
Ses pensées s'embrouillèrent. Tout semblait s'éloigner. Caroline entrait dans sa transe. Elle observa son corps à distance alors qu'elle s'emparait de son canif et relevait la manche de son pyjama. Elle se coupa à deux reprises. La douleur et la vue de son sang s'échappant de ses coupures eurent l'effet désiré. Le calme s'installa dans l'esprit de Caroline qui redescendait progressivement dans son corps. Elle s'était ancrée au sol.
Elle nettoya méthodiquement son bras, ses plaies, le canif, le plancher. Elle se recoucha, engourdie, calme, détendue. Elle repensa à Mélissa. Cette fois, la mer d'émotions n'était pas agitée. Caroline avait pris une décision. Ses yeux se portèrent sur la lettre de Mélissa. Ce n'était peut-être pas le choix le plus judicieux, toutefois, qu'avait-elle à y perdre?
8/13/2006
Home Sweet Home!
Quand j'étais jeune, "Home Sweet Home" était une expression qui faisait beaucoup rire mon frère Benoit et moi quand nous la traduisions en français: Maison Douce Maison. Bon, la traduction n'était pas très juste, mais nous n'avions que 7-11 ans, environ.
Eum...
Ouain. Je suis revenu chez moi. Ça fait du bien de retrouver, ma mère, mon frère Éric et ma chatte Cannelle. Mais je suis encore fatigué.
Oh! La page web que j'ai faite pour mon stage est en ligne: stage coop 2006. Vous y trouverez de la théorie, des exercices, des références et surtout, des résultats.
Zzzzzz...
~Marc
Eum...
Ouain. Je suis revenu chez moi. Ça fait du bien de retrouver, ma mère, mon frère Éric et ma chatte Cannelle. Mais je suis encore fatigué.
Oh! La page web que j'ai faite pour mon stage est en ligne: stage coop 2006. Vous y trouverez de la théorie, des exercices, des références et surtout, des résultats.
Zzzzzz...
~Marc
8/09/2006
Métasujet
C'est drôle. Je voulais parler de mon séjour à Sherbrooke, de mes derniers jours en appartement, de la genèse de Stigmates, de ce que je ressens quand je relis Stigmates après toutes ces années...
Finalement, j'ai parlé de toilettes.
Sheesh.
Je crois que je suis un peu fatigué.
~Marc
Finalement, j'ai parlé de toilettes.
Sheesh.
Je crois que je suis un peu fatigué.
~Marc
Sexe!
Le département de physique de l'Université de Sherbrooke est étrange pour une raison: toutes les salles de toilette sont unisexes. Je ne parle pas ici d'une salle de toilette pour une seule personne où l'on verrouille la porte derrière nous. Je parle de toilettes publiques, avec des cabines et des urinoirs. La salle que j'utlise le plus souvent contient deux cabines et un seul urinoir. Ça ne m'est arrivé que deux fois, mais ça me rend toujours mal à l'aise de croiser une femme dans ces toilettes. Je ne sais pas pourquoi. Ça doit être toutes ces conventions sociales!
Mais la plus étonnante, c'est la salle à côté du laboratoire d'informatique. D'abord, il y a deux portes, ce qui a priori, laisse croire qu'il s'agit de deux salles de toilette séparées. Or quand on y entre, on se rend compte qu'il n'y a pas de mur au milieu. C'est une GRANDE salle où, d'un côté il y a des cabines et de l'autres, des urinoirs. Combien grand? Bien... je crois qu'elle est plus grande que mon appartement au complet. Sans blague. Il y a huit cabines et QUATORZE urinoirs! Ils sont agencés étrangement également: deux rangées de sept urinoirs chacune qui se font face. Et il ne fait aucun doute que cette salle est destinée aux deux sexes puisqu'il y a des boîtes pour disposer des serviettes sanitaires. Et les lavabos? Il n'y en a qu'un seul: le genre circulaire qu'on actionne en appuyant sur une barre avec le pied. Et il y a des fenêtres. Cette salle est tellement étrange que j'y ai rêvée après ma première incursion!
Puisque j'ai quelques lectrices, seriez-vous à l'aise de croiser des hommes dans des toilettes comme celles-là?
Je me demande ce que les ingénieurs et architectes pensaient en construisant cet édifice. C'était peut-être des hippies en pleine libération sexuelle?
Ha! J'ai écrit un message complet sur les toilettes et je n'ai fait aucune blague à caractère scatologique!
...
Et si je viens d'écrire ça, c'est juste que je voulais utiliser ce mot que je ne connaissais pas, "scatologique".
Et si vous ne savez pas ce que ça veut dire, remplacez "scatologique" par "merdique".
:p
~Marc
Mais la plus étonnante, c'est la salle à côté du laboratoire d'informatique. D'abord, il y a deux portes, ce qui a priori, laisse croire qu'il s'agit de deux salles de toilette séparées. Or quand on y entre, on se rend compte qu'il n'y a pas de mur au milieu. C'est une GRANDE salle où, d'un côté il y a des cabines et de l'autres, des urinoirs. Combien grand? Bien... je crois qu'elle est plus grande que mon appartement au complet. Sans blague. Il y a huit cabines et QUATORZE urinoirs! Ils sont agencés étrangement également: deux rangées de sept urinoirs chacune qui se font face. Et il ne fait aucun doute que cette salle est destinée aux deux sexes puisqu'il y a des boîtes pour disposer des serviettes sanitaires. Et les lavabos? Il n'y en a qu'un seul: le genre circulaire qu'on actionne en appuyant sur une barre avec le pied. Et il y a des fenêtres. Cette salle est tellement étrange que j'y ai rêvée après ma première incursion!
Puisque j'ai quelques lectrices, seriez-vous à l'aise de croiser des hommes dans des toilettes comme celles-là?
Je me demande ce que les ingénieurs et architectes pensaient en construisant cet édifice. C'était peut-être des hippies en pleine libération sexuelle?
Ha! J'ai écrit un message complet sur les toilettes et je n'ai fait aucune blague à caractère scatologique!
...
Et si je viens d'écrire ça, c'est juste que je voulais utiliser ce mot que je ne connaissais pas, "scatologique".
Et si vous ne savez pas ce que ça veut dire, remplacez "scatologique" par "merdique".
:p
~Marc
Stigmates: chapitre 4
C'était la rentrée scolaire si redoutée parmi les enfants de tous âges et à la fois tant attendue. C'était le moment des retrouvailles, le moment des câlins amicaux lorsque d'anciens amis se revoyaient après deux pénibles mois de torture auprès de petits frères, petites sœurs et parents. Les yeux scintillants, les amis échangeaient des souvenirs. Quelqu'un éclatait de rire là-bas ; un autre, allez savoir pourquoi, imitait Tarzan ici… quoique à bien y penser, l'ensemble s'apparentât bel et bien à une jungle en folie. L'entrain des élèves et l'anticipation d'une nouvelle année remplie de gags et de folies d'adolescents ne laissaient pas les enseignants indifférents. Certains se joignaient à des groupes d'étudiants afin de leur souhaiter la bienvenue en les assénant de tapes affectueuses dans le dos.
Caroline éprouva un pincement au cœur en observant toutes ces marques d'amitié. Les rares amis qu'elle avait eus à son ancienne école ne s'étaient même pas efforcés de lui demander sa nouvelle adresse ou son numéro de téléphone. Ils s'étaient foutus d'elle. Un poignard de glace sembla transpercer sa poitrine et les yeux de Caroline s'emplirent d'eau. Elle n'avait jamais eu de vrais amis. Une unique larme glissa lentement le long de sa joue. Elle tenta de réprimer ce torrent de tristesse, de haine et de désespoir qui tentait de la noyer. Elle ne pouvait se permettre une crise la première journée d'école. Elle s'essuya les yeux et se leva brusquement. Elle se mit à marcher d'un pas rapide. Elle ne savait pas où ses pieds la menaient, mais elle devait absolument faire quelque chose, n'importe quoi pour éviter cette catastrophe. Elle déambula dans les couloirs, parmi la masse de visages étrangers. Elle déambula seule, inaperçue.
La première cloche sonna, à demi étouffée dans la cacophonie générale, mais Caroline n'en fut pas consciente. Ce qui lui fit réaliser qu'elle devait se rendre à son premier cours fut le flot soudain d'étudiants qui coulaient autour d'elle. La jeune fille se laissa emporter par le courant bien qu'elle n'eût pas encore jeté un seul coup d’œil à son horaire. Elle avait été trop préoccupée par ses problèmes. Ainsi, lorsque les étudiants se dispersèrent afin de se rendre à leurs locaux respectifs, Caroline se retrouva seule dans cet étrange labyrinthe de corridors blanc délavé. Elle consulta son horaire. Elle commençait en français avec madame Évelyne Brulotte. Où pouvait bien se trouver ce local? Après plusieurs minutes de vaines recherches, l'inquiétude gagna Caroline. La deuxième cloche, annonçant le début des classes, allait bientôt retentir. Elle serait en retard la première journée d'école. Ça commence bien l'année, tu ne trouves pas? Une fois encore, tu vas rater cette journée! Fais donc quelque chose de bien pour une fois, Caroline Lapointe!
Son ange gardien devait veiller sur elle car, miracle, miracle, elle aperçut enfin son local. Elle y accourut et, en franchissant le seuil de la porte, la deuxième cloche se fit entendre. Caroline s'arrêta un instant en pénétrant dans la classe. Il y avait une vingtaine d'étudiants. La plupart se tournèrent de son côté et l'observèrent de la tête aux pieds. Elle était si mal à l'aise. Tous ces regards la rendaient nerveuse. Ils semblaient l'étudier comme ils étudieraient un insecte exotique sous un microscope. L'adolescente fouilla la classe furtivement du regard, tout en essayant de ne pas entrer en contact avec les yeux des autres, en vue d'un pupitre auquel s'asseoir. Elle opta pour un pupitre à l'arrière, d'où elle pourrait étudier la classe et ne pas être étudiée. Elle se concentra sur ses actions, sortir son cartable, son coffre à crayons, et, bientôt, les étudiants vaquaient à leurs affaires. Caroline regarda l’horloge accrochée au mur et réalisa qu’elle devrait demeurer dans cette prison sociale pendant près de sept heures encore. La jeune fille se mordit la lèvre inférieure et souhaita passer au travers cette journée sans complication supplémentaire.
Lorsque la première période fut terminée, Caroline rangea lentement ses effets, la tête baissée pour ne croiser le regard de personne. En peu de temps, la plupart des étudiants étaient sortis. Caroline balança son sac à dos sur ses épaules et releva la tête pour voir le couple qu'elle avait vu à l'agora lors de l'inscription. C'était les deux adolescents qui l'avaient entendu rire et l'avaient regardée amusés. Les couleurs se drainèrent de son visage. Heureusement, ils étaient dos à elle et sortaient de la classe. Mais ils l'avaient vue quand elle était arrivée. Pourquoi devait-elle toujours s'inquiéter de tout? Parce qu'elle devait bien paraître. Elle était la fille de Jessica Paradis et Rock Lapointe et il importait qu'elle projette la meilleure image possible. Caroline soupira. Elle était devenue une professionnelle des soupirs!
– Alors, Caroline, comment trouves-tu ta nouvelle école? demanda madame Brulotte, l’enseignante, en regardant tendrement Caroline.
– Je l'aime bien, répondit Caroline.
Quoique ce ne fût pas exactement vrai, ce n'était pas tout à fait faux non plus. Malgré les intenses émotions que les circonstances lui avaient fait vivre, son opinion sur ce nouvel environnement n’était pas encore formée.
– J'espère que les autres élèves ne te laisseront pas seule, lui confia sincèrement Mme Brulotte.
– Oh! Quelques-uns m'ont déjà adressé la parole, mentit Caroline.
– Ah oui? C'est très bien ça. Tu sais, je connais ces élèves depuis deux ans et ils sont très agréables. Je suis certaine que tu vas te faire de très bons amis!
Caroline répondit qu'elle l'espérait aussi. Elle souhaita une bonne journée à l'enseignante et s'éclipsa. Pour une première période, ç’aurait pu être mieux, pensa-t-elle. Si elle n'était pas arrivée en retard, elle aurait peut-être pu passer inaperçue. D'autre part, ses compagnons de classe avaient semblé très peu intéressés par ce nouveau spécimen qu'elle était. C'était probablement mieux ainsi. Son secret était beaucoup plus en sécurité sans amis intimes.
Elle se rendit à son deuxième cours en avance afin d'éviter la petite mésaventure de la première période. C'était un cours d’éducation à la vie économique. L’adolescente bâilla d’anticipation. L’enseignant, un jeune homme revêtant une tenue extravagante, salua Caroline du regard en ouvrant la porte du local. Elle se faufila rapidement à l'intérieur et s'empara d'une place dans le coin avant de la classe. Les pupitres étaient jumelés deux par deux donc, vraisemblablement, quelqu'un devrait s'asseoir à ses côtés. Caroline se prépara mentalement à ne rien gâcher cette fois-ci. Aussi effrayée qu'elle était d'aborder les gens, elle devait tout de même essayer de paraître bien.
Les étudiants arrivèrent par petits groupes. Caroline les observa, distinguant facilement les diverses divisions de la classe. Il y avait quatre factions qui se démarquaient. À en juger par les apparences, les étudiants à l'opposé de la classe -
– Je peux m'asseoir ici?
Caroline étudia l'adolescente qui venait de lui adresser la parole. C'était la fille du cours de français, celle qui se tenait avec le garçon, celle qui avait été amusée à l'agora. Elle était de taille moyenne, probablement aussi grande que Caroline. Ses cheveux châtains descendaient jusque sur ses épaules. Derrière de petites lunettes rondes, deux grands yeux verts pétillaient de malice.
– Bien sûr, répondit Caroline en souriant timidement, dissimulant du mieux qu'elle le pouvait la nervosité qui s'enracinait en elle.
Si la fille s'en rendit compte, elle ne le mentionna pas.
– Moi, c'est Mélissa Lacroix, dit la nouvelle camarade de Caroline en lui tendant une petite main délicate.
Caroline lui jeta un curieux regard et serra faiblement sa main.
– Caroline Lapointe.
– Donc, tu es nouvelle dans la région?
– Oui.
– Et tu t'en viens finir ton secondaire avec cette bande de fous? Je te plains!
Mélissa éclata de rire comme si c'était la meilleure blague qu'elle avait entendue depuis une éternité. Caroline trouva étrange que ce son, si spontané, si sincère, la réconfortât. Une partie de la tension qui habitait Caroline se dissipa. Une lueur d'espoir se mit à briller dans son cœur. Une amie, enfin? Peu à peu, un sourire se dessina sur ses lèvres.
– Tu vas voir, ils ne sont pas si mauvais que ça, lui assura Mélissa.
Elle la regardait avec un sourire en coin.
– Tu sais, continua Mélissa, tu nous as fait peur au début. On croyait que tu étais folle quand on t'a vue rire toute seule dans l'agora. Je suis rassurée maintenant, tu ne l'es pas plus que moi.
À ces mots, Caroline tressaillit. Le sourire de Mélissa disparut aussitôt et une expression d'inquiétude le remplaça.
– Ça va, Caroline? demanda Mélissa, sa voix empreinte de souci.
– J-J-Je... oui, ça va, répondit Caroline.
Cependant, avant que Mélissa puisse questionner Caroline davantage, l'enseignant, M. Gaudreau, débuta son cours.
Toute la période, Caroline évita de parler ou de regarder Mélissa. Les paroles que Mélissa avait prononcées avaient profondément troublé Caroline. Si elle savait ce que je fais, elle saurait à quel point je suis vraiment folle. Et je ne crois pas qu'elle désirerait m'adresser la parole à nouveau.
Lorsque le cours fut terminé, Mélissa tenta d'en savoir plus sur le malaise dont Caroline avait été prise un peu plus tôt, mais cette dernière balbutia quelque absurdité à propos d'une fièvre et se précipita hors de la classe.
C'était l'heure du dîner, mais Caroline n'osa pas manger à la cafétéria. Elle craignait devoir affronter Mélissa et s'expliquer. La force de le faire l'avait quittée. La jeune fille choisit de dîner à la bibliothèque.
En franchissant les portes de cette dernière, Caroline fut accueillie par une forte odeur âcre qui se dégageait des murs fraîchement peints en teintes apaisantes de bleu. La pièce se mit soudainement à tourner et l’adolescente chancelante s’adossa au mur afin de ne pas perdre pied. Peut-être n’est-ce pas le meilleur endroit pour manger? se demanda-t-elle. Cependant, la sensation fut vite passée. Caroline se dirigea alors prudemment vers l’un des nombreux fauteuils poire et s’y laissa tomber. Elle regarda autour d’elle. La bibliothèque semblait être le repère par excellence des âmes solitaires qui se recueillaient dans l’atmosphère quasi-mystique qui régnait dans cette grande pièce en forme de L. Quelques fois, l’oreille attentive pouvait discerner de doux chuchotements qui mouraient aussi calmement qu’ils étaient nés.
Paisiblement, Caroline ferma les yeux. Elle songea au cours d'économie et à Mélissa. Pour un instant, elle avait baissé sa garde. Elle avait cru peut-être avoir trouvé une amie, une vraie amie. Mélissa l'avait rendue assez à l'aise... jusqu'à ce qu'elle mentionne le mot «folle». Alors, Caroline s'était souvenue qu'elle était trop différente, qu'elle avait un secret qu'elle devait conserver. Elle ne pouvait pas se lier d'amitié avec quiconque.
Ces sombres nuages de pensées assombrirent ainsi la première journée d'école de Caroline qui ne se doutait pas des événements qui découleraient de sa rencontre avec Mélissa.
Caroline éprouva un pincement au cœur en observant toutes ces marques d'amitié. Les rares amis qu'elle avait eus à son ancienne école ne s'étaient même pas efforcés de lui demander sa nouvelle adresse ou son numéro de téléphone. Ils s'étaient foutus d'elle. Un poignard de glace sembla transpercer sa poitrine et les yeux de Caroline s'emplirent d'eau. Elle n'avait jamais eu de vrais amis. Une unique larme glissa lentement le long de sa joue. Elle tenta de réprimer ce torrent de tristesse, de haine et de désespoir qui tentait de la noyer. Elle ne pouvait se permettre une crise la première journée d'école. Elle s'essuya les yeux et se leva brusquement. Elle se mit à marcher d'un pas rapide. Elle ne savait pas où ses pieds la menaient, mais elle devait absolument faire quelque chose, n'importe quoi pour éviter cette catastrophe. Elle déambula dans les couloirs, parmi la masse de visages étrangers. Elle déambula seule, inaperçue.
La première cloche sonna, à demi étouffée dans la cacophonie générale, mais Caroline n'en fut pas consciente. Ce qui lui fit réaliser qu'elle devait se rendre à son premier cours fut le flot soudain d'étudiants qui coulaient autour d'elle. La jeune fille se laissa emporter par le courant bien qu'elle n'eût pas encore jeté un seul coup d’œil à son horaire. Elle avait été trop préoccupée par ses problèmes. Ainsi, lorsque les étudiants se dispersèrent afin de se rendre à leurs locaux respectifs, Caroline se retrouva seule dans cet étrange labyrinthe de corridors blanc délavé. Elle consulta son horaire. Elle commençait en français avec madame Évelyne Brulotte. Où pouvait bien se trouver ce local? Après plusieurs minutes de vaines recherches, l'inquiétude gagna Caroline. La deuxième cloche, annonçant le début des classes, allait bientôt retentir. Elle serait en retard la première journée d'école. Ça commence bien l'année, tu ne trouves pas? Une fois encore, tu vas rater cette journée! Fais donc quelque chose de bien pour une fois, Caroline Lapointe!
Son ange gardien devait veiller sur elle car, miracle, miracle, elle aperçut enfin son local. Elle y accourut et, en franchissant le seuil de la porte, la deuxième cloche se fit entendre. Caroline s'arrêta un instant en pénétrant dans la classe. Il y avait une vingtaine d'étudiants. La plupart se tournèrent de son côté et l'observèrent de la tête aux pieds. Elle était si mal à l'aise. Tous ces regards la rendaient nerveuse. Ils semblaient l'étudier comme ils étudieraient un insecte exotique sous un microscope. L'adolescente fouilla la classe furtivement du regard, tout en essayant de ne pas entrer en contact avec les yeux des autres, en vue d'un pupitre auquel s'asseoir. Elle opta pour un pupitre à l'arrière, d'où elle pourrait étudier la classe et ne pas être étudiée. Elle se concentra sur ses actions, sortir son cartable, son coffre à crayons, et, bientôt, les étudiants vaquaient à leurs affaires. Caroline regarda l’horloge accrochée au mur et réalisa qu’elle devrait demeurer dans cette prison sociale pendant près de sept heures encore. La jeune fille se mordit la lèvre inférieure et souhaita passer au travers cette journée sans complication supplémentaire.
Lorsque la première période fut terminée, Caroline rangea lentement ses effets, la tête baissée pour ne croiser le regard de personne. En peu de temps, la plupart des étudiants étaient sortis. Caroline balança son sac à dos sur ses épaules et releva la tête pour voir le couple qu'elle avait vu à l'agora lors de l'inscription. C'était les deux adolescents qui l'avaient entendu rire et l'avaient regardée amusés. Les couleurs se drainèrent de son visage. Heureusement, ils étaient dos à elle et sortaient de la classe. Mais ils l'avaient vue quand elle était arrivée. Pourquoi devait-elle toujours s'inquiéter de tout? Parce qu'elle devait bien paraître. Elle était la fille de Jessica Paradis et Rock Lapointe et il importait qu'elle projette la meilleure image possible. Caroline soupira. Elle était devenue une professionnelle des soupirs!
– Alors, Caroline, comment trouves-tu ta nouvelle école? demanda madame Brulotte, l’enseignante, en regardant tendrement Caroline.
– Je l'aime bien, répondit Caroline.
Quoique ce ne fût pas exactement vrai, ce n'était pas tout à fait faux non plus. Malgré les intenses émotions que les circonstances lui avaient fait vivre, son opinion sur ce nouvel environnement n’était pas encore formée.
– J'espère que les autres élèves ne te laisseront pas seule, lui confia sincèrement Mme Brulotte.
– Oh! Quelques-uns m'ont déjà adressé la parole, mentit Caroline.
– Ah oui? C'est très bien ça. Tu sais, je connais ces élèves depuis deux ans et ils sont très agréables. Je suis certaine que tu vas te faire de très bons amis!
Caroline répondit qu'elle l'espérait aussi. Elle souhaita une bonne journée à l'enseignante et s'éclipsa. Pour une première période, ç’aurait pu être mieux, pensa-t-elle. Si elle n'était pas arrivée en retard, elle aurait peut-être pu passer inaperçue. D'autre part, ses compagnons de classe avaient semblé très peu intéressés par ce nouveau spécimen qu'elle était. C'était probablement mieux ainsi. Son secret était beaucoup plus en sécurité sans amis intimes.
Elle se rendit à son deuxième cours en avance afin d'éviter la petite mésaventure de la première période. C'était un cours d’éducation à la vie économique. L’adolescente bâilla d’anticipation. L’enseignant, un jeune homme revêtant une tenue extravagante, salua Caroline du regard en ouvrant la porte du local. Elle se faufila rapidement à l'intérieur et s'empara d'une place dans le coin avant de la classe. Les pupitres étaient jumelés deux par deux donc, vraisemblablement, quelqu'un devrait s'asseoir à ses côtés. Caroline se prépara mentalement à ne rien gâcher cette fois-ci. Aussi effrayée qu'elle était d'aborder les gens, elle devait tout de même essayer de paraître bien.
Les étudiants arrivèrent par petits groupes. Caroline les observa, distinguant facilement les diverses divisions de la classe. Il y avait quatre factions qui se démarquaient. À en juger par les apparences, les étudiants à l'opposé de la classe -
– Je peux m'asseoir ici?
Caroline étudia l'adolescente qui venait de lui adresser la parole. C'était la fille du cours de français, celle qui se tenait avec le garçon, celle qui avait été amusée à l'agora. Elle était de taille moyenne, probablement aussi grande que Caroline. Ses cheveux châtains descendaient jusque sur ses épaules. Derrière de petites lunettes rondes, deux grands yeux verts pétillaient de malice.
– Bien sûr, répondit Caroline en souriant timidement, dissimulant du mieux qu'elle le pouvait la nervosité qui s'enracinait en elle.
Si la fille s'en rendit compte, elle ne le mentionna pas.
– Moi, c'est Mélissa Lacroix, dit la nouvelle camarade de Caroline en lui tendant une petite main délicate.
Caroline lui jeta un curieux regard et serra faiblement sa main.
– Caroline Lapointe.
– Donc, tu es nouvelle dans la région?
– Oui.
– Et tu t'en viens finir ton secondaire avec cette bande de fous? Je te plains!
Mélissa éclata de rire comme si c'était la meilleure blague qu'elle avait entendue depuis une éternité. Caroline trouva étrange que ce son, si spontané, si sincère, la réconfortât. Une partie de la tension qui habitait Caroline se dissipa. Une lueur d'espoir se mit à briller dans son cœur. Une amie, enfin? Peu à peu, un sourire se dessina sur ses lèvres.
– Tu vas voir, ils ne sont pas si mauvais que ça, lui assura Mélissa.
Elle la regardait avec un sourire en coin.
– Tu sais, continua Mélissa, tu nous as fait peur au début. On croyait que tu étais folle quand on t'a vue rire toute seule dans l'agora. Je suis rassurée maintenant, tu ne l'es pas plus que moi.
À ces mots, Caroline tressaillit. Le sourire de Mélissa disparut aussitôt et une expression d'inquiétude le remplaça.
– Ça va, Caroline? demanda Mélissa, sa voix empreinte de souci.
– J-J-Je... oui, ça va, répondit Caroline.
Cependant, avant que Mélissa puisse questionner Caroline davantage, l'enseignant, M. Gaudreau, débuta son cours.
Toute la période, Caroline évita de parler ou de regarder Mélissa. Les paroles que Mélissa avait prononcées avaient profondément troublé Caroline. Si elle savait ce que je fais, elle saurait à quel point je suis vraiment folle. Et je ne crois pas qu'elle désirerait m'adresser la parole à nouveau.
Lorsque le cours fut terminé, Mélissa tenta d'en savoir plus sur le malaise dont Caroline avait été prise un peu plus tôt, mais cette dernière balbutia quelque absurdité à propos d'une fièvre et se précipita hors de la classe.
C'était l'heure du dîner, mais Caroline n'osa pas manger à la cafétéria. Elle craignait devoir affronter Mélissa et s'expliquer. La force de le faire l'avait quittée. La jeune fille choisit de dîner à la bibliothèque.
En franchissant les portes de cette dernière, Caroline fut accueillie par une forte odeur âcre qui se dégageait des murs fraîchement peints en teintes apaisantes de bleu. La pièce se mit soudainement à tourner et l’adolescente chancelante s’adossa au mur afin de ne pas perdre pied. Peut-être n’est-ce pas le meilleur endroit pour manger? se demanda-t-elle. Cependant, la sensation fut vite passée. Caroline se dirigea alors prudemment vers l’un des nombreux fauteuils poire et s’y laissa tomber. Elle regarda autour d’elle. La bibliothèque semblait être le repère par excellence des âmes solitaires qui se recueillaient dans l’atmosphère quasi-mystique qui régnait dans cette grande pièce en forme de L. Quelques fois, l’oreille attentive pouvait discerner de doux chuchotements qui mouraient aussi calmement qu’ils étaient nés.
Paisiblement, Caroline ferma les yeux. Elle songea au cours d'économie et à Mélissa. Pour un instant, elle avait baissé sa garde. Elle avait cru peut-être avoir trouvé une amie, une vraie amie. Mélissa l'avait rendue assez à l'aise... jusqu'à ce qu'elle mentionne le mot «folle». Alors, Caroline s'était souvenue qu'elle était trop différente, qu'elle avait un secret qu'elle devait conserver. Elle ne pouvait pas se lier d'amitié avec quiconque.
Ces sombres nuages de pensées assombrirent ainsi la première journée d'école de Caroline qui ne se doutait pas des événements qui découleraient de sa rencontre avec Mélissa.
8/07/2006
Dernière semaine à Sherby!
C'est ma dernière semaine à Sherbrooke et je suis débordé au travail!
Et il faut que je fasse mes boîtes avant vendredi.
Et j'ai du karaté mardi et jeudi.
Oh là là!
On se revoit dimanche!
~Marc
Et il faut que je fasse mes boîtes avant vendredi.
Et j'ai du karaté mardi et jeudi.
Oh là là!
On se revoit dimanche!
~Marc
8/02/2006
Stigmates: chapitre 3
Le lendemain, Caroline se trouvait seule à son domicile. Jessica avait déjà commencé à travailler et Rock préparait ses cours à l'université. Son père y avait son bureau privé et prétendait que l'atmosphère y était beaucoup plus propice à… Quelle était son expression? À la dilatation de son esprit créateur. Peu importe ce que cela voulait dire. Si on en jugeait à ce que son père affirmait, tous les endroits étaient plus favorables à son esprit créateur que sa propre demeure. Caroline ressentit de la colère contre son père se manifester et aussitôt elle fut remplacée par de la culpabilité d'avoir même osé être fâchée contre celui-ci. Cette culpabilité se transforma en son tour en irritation envers elle-même. Comment pouvait-elle penser cela de son père! Caroline réprima ses sentiments et tenta de se distraire.
L'adolescente déambula de pièce en pièce dans la maison. Il y avait quelque chose d'à la fois merveilleux et terrible à propos de l'intimité qu'elle avait cette journée-là. Aujourd'hui, personne ne l'effraierait. Elle était en sécurité.
Caroline gagna sa chambre et se mit à feuilleter quelques magazines. Après près d'une heure, un sentiment étrange s'infiltra dans Caroline : la peur. La peur de quoi? La jeune fille n'en avait pas la moindre idée. Les minutes s'écoulaient et son inquiétude prenait de l'ampleur. Caroline savait que c'était insensé, elle n'avait rien à craindre. Cependant, l'adolescente était incapable de supprimer cette anxiété. Soudain, les souvenirs de la veille revinrent la hanter. Elle se rappela le garçon de l'agora. L'angoisse et la colère montèrent en elle.
La solitude devenait maintenant insupportable. Le silence écrasant allait la rendre folle. Les quatre murs de sa chambre semblaient se refermer sur elle. La jeune fille était prise de panique. Tout devenait flou, comme dans un rêve. Son esprit s'envolait. Non! Pourquoi aujourd'hui? Tout allait pourtant bien! Elle commençait à respirer de plus en plus vite. Elle regarda son lit. La solution était là. Elle pouvait arrêter cette crise facilement. Elle n'avait qu'à prendre ce qui se trouvait sous son matelas.
Lentement, elle souleva son matelas. Elle prit le petit canif qui y était caché. Son regard était vide maintenant. Son esprit était ailleurs. Elle se regardait à distance. Machinalement, elle sortit la plus grosse lame du canif. Elle releva la manche gauche de sa blouse et révéla des dizaines de cicatrices blanches, rouges, roses partout sur son bras. Elle mit la lame en contact avec sa peau et, sans même broncher, se coupa. La douleur la calma un peu mais ce n'était qu'une éraflure, alors elle répéta le mouvement plus lentement, en appliquant une plus grande pression sur le canif. Cette fois, la coupure était profonde. Du sang apparut à la surface. Caroline était hypnotisée par la vue du liquide rouge qui coulait le long de son bras. Désormais, la douleur était plus aiguë. Puis, sa fréquence cardiaque ralentit. Elle put respirer normalement. La douleur et le sang lui permettaient de se concentrer sur son corps. Son esprit revint et elle reprit contrôle de son corps.
Sa main lâcha le canif, elle recula contre le mur et se laissa glisser jusqu'au sol. Elle ferma les yeux. La peur, l'anxiété, l'angoisse, la colère, ces sentiments négatifs s'étaient tous échappés avec son sang et la douleur. Elle s’était relaxée. La douleur avait cet effet lorsqu'elle était utilisée correctement. C'était la médecine de Caroline. C'était son secret.
Caroline regarda son bras. Il saignait encore. Elle prit quelques mouchoirs et les appliqua contre sa coupure. Ils retiendraient son sang le temps qu'elle traverse à la salle de bains. Cette dernière communiquait heureusement avec la chambre de Caroline. Celle-ci se considérait particulièrement chanceuse, étant donné les circonstances. Elle fit couler l'eau du lavabo et rinça son bras. Puis, elle appliqua de l’eau oxygénée et un bandage sur sa coupure. Elle abaissa la manche de sa blouse. Rien ne paraissait. Elle imbiba d’eau quelques serviettes et nettoya le sang qui avait coulé le long de la lame du canif ainsi que sur le plancher de sa chambre. L’adolescente remit son précieux outil en place sous le matelas. Finalement, elle se coucha et dormit jusqu'en fin d'après-midi.
Caroline ouvrit lentement les yeux. Elle tourna la tête vers son radioréveil qui affichait seize heures. Bien. Elle était seule car sa mère travaillait jusqu'à dix-sept heures et son père, dix-sept heures trente. La jeune fille s’étira de façon très lasse et se rendit à la salle de bains. Elle s’aspergea le visage d’eau froide, dissipant efficacement la fatigue qui tentait de s’ancrer en elle. Elle inspecta ses vêtements dans le miroir afin de s'assurer qu'aucune goutte de sang n'y était tombée. Tout était comme il le fallait. Sa coupure ne s'était pas remise à saigner non plus. Cela lui ferait tout simplement une autre cicatrice.
Elle mit cet épisode derrière elle, tel elle le ferait d’une blessure accidentelle, et alla préparer le souper comme sa mère le lui avait demandé.
L'adolescente déambula de pièce en pièce dans la maison. Il y avait quelque chose d'à la fois merveilleux et terrible à propos de l'intimité qu'elle avait cette journée-là. Aujourd'hui, personne ne l'effraierait. Elle était en sécurité.
Caroline gagna sa chambre et se mit à feuilleter quelques magazines. Après près d'une heure, un sentiment étrange s'infiltra dans Caroline : la peur. La peur de quoi? La jeune fille n'en avait pas la moindre idée. Les minutes s'écoulaient et son inquiétude prenait de l'ampleur. Caroline savait que c'était insensé, elle n'avait rien à craindre. Cependant, l'adolescente était incapable de supprimer cette anxiété. Soudain, les souvenirs de la veille revinrent la hanter. Elle se rappela le garçon de l'agora. L'angoisse et la colère montèrent en elle.
La solitude devenait maintenant insupportable. Le silence écrasant allait la rendre folle. Les quatre murs de sa chambre semblaient se refermer sur elle. La jeune fille était prise de panique. Tout devenait flou, comme dans un rêve. Son esprit s'envolait. Non! Pourquoi aujourd'hui? Tout allait pourtant bien! Elle commençait à respirer de plus en plus vite. Elle regarda son lit. La solution était là. Elle pouvait arrêter cette crise facilement. Elle n'avait qu'à prendre ce qui se trouvait sous son matelas.
Lentement, elle souleva son matelas. Elle prit le petit canif qui y était caché. Son regard était vide maintenant. Son esprit était ailleurs. Elle se regardait à distance. Machinalement, elle sortit la plus grosse lame du canif. Elle releva la manche gauche de sa blouse et révéla des dizaines de cicatrices blanches, rouges, roses partout sur son bras. Elle mit la lame en contact avec sa peau et, sans même broncher, se coupa. La douleur la calma un peu mais ce n'était qu'une éraflure, alors elle répéta le mouvement plus lentement, en appliquant une plus grande pression sur le canif. Cette fois, la coupure était profonde. Du sang apparut à la surface. Caroline était hypnotisée par la vue du liquide rouge qui coulait le long de son bras. Désormais, la douleur était plus aiguë. Puis, sa fréquence cardiaque ralentit. Elle put respirer normalement. La douleur et le sang lui permettaient de se concentrer sur son corps. Son esprit revint et elle reprit contrôle de son corps.
Sa main lâcha le canif, elle recula contre le mur et se laissa glisser jusqu'au sol. Elle ferma les yeux. La peur, l'anxiété, l'angoisse, la colère, ces sentiments négatifs s'étaient tous échappés avec son sang et la douleur. Elle s’était relaxée. La douleur avait cet effet lorsqu'elle était utilisée correctement. C'était la médecine de Caroline. C'était son secret.
Caroline regarda son bras. Il saignait encore. Elle prit quelques mouchoirs et les appliqua contre sa coupure. Ils retiendraient son sang le temps qu'elle traverse à la salle de bains. Cette dernière communiquait heureusement avec la chambre de Caroline. Celle-ci se considérait particulièrement chanceuse, étant donné les circonstances. Elle fit couler l'eau du lavabo et rinça son bras. Puis, elle appliqua de l’eau oxygénée et un bandage sur sa coupure. Elle abaissa la manche de sa blouse. Rien ne paraissait. Elle imbiba d’eau quelques serviettes et nettoya le sang qui avait coulé le long de la lame du canif ainsi que sur le plancher de sa chambre. L’adolescente remit son précieux outil en place sous le matelas. Finalement, elle se coucha et dormit jusqu'en fin d'après-midi.
Caroline ouvrit lentement les yeux. Elle tourna la tête vers son radioréveil qui affichait seize heures. Bien. Elle était seule car sa mère travaillait jusqu'à dix-sept heures et son père, dix-sept heures trente. La jeune fille s’étira de façon très lasse et se rendit à la salle de bains. Elle s’aspergea le visage d’eau froide, dissipant efficacement la fatigue qui tentait de s’ancrer en elle. Elle inspecta ses vêtements dans le miroir afin de s'assurer qu'aucune goutte de sang n'y était tombée. Tout était comme il le fallait. Sa coupure ne s'était pas remise à saigner non plus. Cela lui ferait tout simplement une autre cicatrice.
Elle mit cet épisode derrière elle, tel elle le ferait d’une blessure accidentelle, et alla préparer le souper comme sa mère le lui avait demandé.
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