11/04/2005

Les pièges du romantisme

Le romantisme est truffé de pièges et de conceptions erronées. La culture nord-américaine projette une image naïve et infantilisante de l'amour. On croit que l'amour, c'est comme une réaction chimique: ça arrive quand on rencontre la "bonne" personne. Une fois que la réaction est amorcée, on ne peut rien y faire: on tombe en amour, comme ça! On vit intensément ces émotions et on se dit: "C'est la tempête. Je ne peux pas me battre contre cette tempête. Je dois y céder." C'est souvent là le scénario d'une foule de comédies romantiques: boy meets girl, boy hates girl, girl hates boy, boy starts to like girl, girl starts to like boy but can't admit it to herself, boy does something wonderfully sweet, girl surrenders to her feelings. Et qu'arrive-t-il lorsque la passion est passée? Ou que l'objet de notre amour nous laisse? On entend souvent des couples dire qu'ils ne s'aiment plus, que ce n'est plus comme avant, qu'ils ont perdu leurs sentiments pour l'autre.

Balivernes.

Aimer, c'est un verbe. Aimer, c'est une action. Aimer, c'est un choix.

Je choisis d'aimer quelqu'un et j'agis en conséquence. Aimer, c'est valoriser l'autre, c'est supporter, écouter, comprendre, valoriser, affirmer. Ce sont des actions volontaires qu'on choisit de poser. Aimer, c'est être proactif, c'est prendre la responsabilité pour nos émotions et nos sentiments et agir en conséquence.

Et l'amour dans tout ça? Ah! L'amour, c'est le fruit de nos actions, c'est le résultat d'aimer. C'est en aimant que l'amour fleurit. C'est en aimant qu'on tisse des liens émotionnels étroits qui se fusionnent pour donner l'amour. Ce qu'on méprend pour l'amour quand on rencontre quelqu'un, ce n'est qu'un trompe-l'oeil. C'est biologique. Ce sont des réactions chimiques dans notre cerveau, des hormones, des enzymes. Il ne peut y avoir de l'amour s'il n'y a pas un choix conscient ou non, s'il n'y a pas d'actions qui vont dans ce sens, s'il n'y a pas de volonté.

"Je n'aime plus ma copine." c'est dire: "Je ne veux plus l'aimer. J'ai arrêté de l'aimer." Ce n'est pas quelque chose qui arrive par soi-même. Je ne veux pas dire par là qu'on ne devrait jamais mettre fin à une relation amoureuse. Je veux plutôt dire qu'on ne peut pas blâmer l'Amour d'avoir disparu subitement. Si j'ai cassé avec ma première blonde, je me rends compte maintenant que ce n'était pas parce que je ne l'aimais plus, mais bien parce que j'avais décidé de ne plus l'aimer étant donné les différentes circonstances de l'époque et une réévaluation de mes principes et de mes valeurs.

En voyant l'amour de cette façon, ça élimine une très grande souffrance reliée à la rupture amoureuse ou au rejet. Je suis entièrement responsable de mes sentiments. Si je choisis d'aimer quelqu'un, c'est que j'accepte les conséquences de cet état. Certaines de ces conséquences peuvent être décevantes, comme la rupture ou le rejet, mais le fait d'assumer notre choix personnel nous donne la force intérieure pour ne pas être démesurément atteint par les choix individuels de l'autre. Reconnaître que l'autre exerce cette même liberté de choix face à ses sentiments, c'est gagner en maturité.

Je crois qu'il est important de changer notre perception de l'amour. Il est temps de reprendre contrôle de notre vie émotionnelle et sentimentale et de se responsabiliser face à nos émotions. Il est temps de cesser d’être réactif et de réagir automatiquement et instinctivement aux conditions du milieu. Il est temps d'être proactif et de faire le choix d’aimer.

~Marc

3 commentaires:

Anonyme a dit...

J'ai bien aimé ton commentaire, Marc. Sérieusement, ca m'a aidé... tu as bien raison.

Merci

Anonyme a dit...

J'ai bien aimé ton commentaire, Marc. Sérieusement, ca m'a aidé... tu as bien raison.

Merci

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J'ai bien aimé ton commentaire, Marc. Sérieusement, ca m'a aidé... tu as bien raison.

Merci